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LESLIE CARON

  • 5 juil.
  • 15 min de lecture

Leslie Claire Margaret Caron, la jolie petite fille qui naît à Boulogne Billancourt le 1 Juillet 1931 va connaître un destin particulier et un des parcours d’actrice les plus fulgurants de toute l’histoire du cinéma. Née sous la double nationalité franco-américaine, la petite Leslie semble avoir su danser avant de savoir marcher.  Sa mère, Margaret Petit est née à Topeka, au Texas. Elle fut danseuse étoile avant d’épouser monsieur Paul Caron, le pharmacien de la place de l’Opéra.

Pour Leslie c’est une enfance joyeuse dans un milieu aisé. Ses grands-parents habitent une superbe « maison d’architecte ». Leur living room fait deux étages reliés par un escalier entièrement accompagné d’un…aquarium en guise de rampe. 


Comme pour sa maman, la danse est la passion de la petite Leslie.  Mais la maman de Leslie c’est aussi la petite souffrance de son enfance. Margaret a remisé ses rêves de gloire lorsqu’elle s’est mariée et est devenue maman de deux enfants. Leslie a un frère.

Margaret sombre peu à peu en dépression.  Lorsque la guerre éclate, les Allemands envahissent paris, défilent sur les Champs Elysées. Pour la mère de Leslie c’en est trop. Elle se couche et décide de rester alitée tant que les boches n’auront pas déguerpi. Et elle tient parole.

Isolée dans sa chambre, elle ne veut même pas voir ses enfants et remballe Leslie d’un « Reviens me voir quand tu seras une star, alors je serai là pour toi mais pour le moment tu n’es qu’une petite fille et je ne peux rien pour toi ! ».

Dans les privations de la guerre, le froid, la faim, la petite fille regarde la poussière s’accumuler et les araignées envahir cet appartement aux rideaux éternellement tirés. Monsieur Caron envoie sa fille à Cannes, se mettre à l’abri de la guerre et de la dépression de sa mère chez sa grand’mère paternelle.  Leslie se souviendra surtout avoir remporté tous les concours de plage grâce à ses acrobaties de « petit singe ».  

La paix revenue, on la retrouve au conservatoire avec tout son attirail d’aspirante petit rat. Bizarrement, cette future étoile sur pointes au talent universellement admiré n’est pas la première de sa classe. Une petite blonde de trois ans sa cadette la devance et obtient d’emblée son premier accessit, ce qui est rarissime, c’est la petite Brigitte Bardot qui fera la carrière que l’on sait mais…sans chaussons.   

Brigitte Bardot préfère les bras de Vadim aux entrechats et Leslie, de son côté, entre à 16 ans dans les ballets de Roland Petit.  Son talent, sa discipline, sa grâce innée, et surtout son joli minois de petit chat de gouttière en font la mascotte de la troupe, l’espoir de Roland Petit et les délices du public. C’est en se produisant sur scène qu’elle va « taper dans l’œil » d’un certain Gene Kelly. En tous cas selon la légende.


Il est plus exact de dire qu’elle tapa dans l’œil de l’excellente actrice Betsy Blair. C’est elle qui parla de Leslie à Gene Kelly, son mari à l’époque.  Il va lui donner un rendez-vous au bar de l’hôtel Régina, mais Leslie croyant à une plaisanterie de ses camarades du corps de ballet ne viendra pas, laissant Gene Kelly poireauter inutilement. 

Bref, un gros lapin à la place d’un petit rat  Mais ce ne sera que partie remise : Le célèbre danseur-acteur-chanteur-chorégraphe revient à Paris en quête d’une partenaire pour son prochain film.  Une comédie musicale ambitieuse produite à grands frais par la Metro Goldwyn Mayer.  Clou du spectacle : un ballet ininterrompu d’un quart d’heure, du jamais vu, ça passe ou ça casse. 

  

 La Metro a mandaté Gene Kelly pour auditionner une danseuse qu’ils envisagent pour le film. Gene accepte la mission à la condition de pouvoir auditionner aussi une autre danseuse de son choix.  Il n’a pas oublié Leslie.  

Leslie passe donc son audition et est engagée pour devenir le premier rôle féminin du film le plus ambitieux de l’année : « Un Américain à Paris ».  La jeune fille trouvait tout ce tintouin ridicule mais bien élevée, elle accepta de faire ces fameux essais et de préférence le plus vite possible pour passer à autre chose.


C’est au téléphone qu’elle apprend qu’elle est choisie et qu’elle décolle dans trois jours pour Hollywood. Effarée la jeune fille s’entend répondre « Ah bon ? Mais ce n’est pas du tout ce que j’avais prévu ! » Sa mère, sortie entretemps de son lit intervient « Ma fille, c’est une proposition que tu ne peux pas refuser ! Fais ta valise ! Tout de suite ! »

 

 Pour être tout à fait honnête, je me dois de rappeler que Marcel Carné avait déjà fait faire des essais à Leslie en même temps qu’à Roland Lesaffre pour « Juliette ou la Clé des Songes ». Souvenons-nous aussi que chaque soir à la même époque, elle bataillait ferme pour imposer son personnage de jeune première sur les planches du théâtre de la renaissance dans une pièce intitulée « Orvet » et qui était loin de transcender le public. Par contre, René Clair et son épouse avaient été littéralement subjugués par la délicieuse Leslie. Ils deviendront inséparables. Le couple Clair considérera Leslie comme leur propre fille, veillant jalousement sur elle. Lorsque les Clair et Leslie seront établis à Hollywood, ils se verront tous les jours et François Truffaut, admirateur fou de René Clair entrera dans leur petit cercle intime.


En attendant, le contrat se signe. Leslie s’envole pour Hollywood. Elle vit le tournage du film comme une expérience aussi harassante que fabuleuse. Quelques mois plus tard, le film triomphe, labellisé « Meilleure comédie musicale de tous les temps ».  Le monde entier est éberlué par la réussite de Leslie et par sa chance incroyable. 

Elle se souvient surtout que le sol du plateau était en béton et comme on le sait le béton ne rebondit pas quand on saute dessus. La danse classique se fait sur les planches. Et non seulement le sol était bien trop dur mais il était peint pour être brillant. Il était surtout glissant.

 

 Elle est suffisamment jeune et effrontée pour trouver toute cette émulation autour du film et de sa petite personne tout à fait normale. Elle est faite pour être une star, c’est son destin, c’est son devoir c’est maman qui l’a dit. Si les plus grands professionnels du monde la choisissent, elle parmi toutes, c’est qu’elle est la meilleure et mérite ce qui lui arrive. Mark Sennett, pionnier du cinéma ne lui a-t-il pas déclaré : « Vous êtes sensationnelle, et je m’y connais, croyez-moi, j’ai découvert Gloria Swanson et Charlie Chaplin ! ».  Elle mettra des années avant de s’asseoir un jour devant son miroir et s’y regarder sans complaisance, se disant que tout bien considéré, elle ne « casse pas les briques » !  

En attendant, le film reçoit l’Oscar du meilleur film de l’année. Leslie est propulsée au rang de star du cinéma américain en un seul film.  Elle est la nouvelle coqueluche d’Hollywood. Que porte-elle ?  Que mange-elle ? Qui voit-elle ?  Le public veut tout savoir de la nouvelle venue. 

Par contre la MGM n’augmente pas son salaire. Elle reste une débutante au tarif de débutante et se retrouvera à donner des leçons de danse pour boucler ses fins de mois.

Pour compléter le conte de fées, Leslie a rencontré dès son arrivée le beau milliardaire George Hormel. Le couple se marie, leur union durera trois ans.  Déjà très riche, George Hormel deviendra un des hommes les plus riches d’Amérique.

Milliardaire et philanthrope, il se laissera pousser les cheveux et adoptera un style très « casual » assez inattendu pour un homme aussi riche. Style qui deviendra célèbre.  Il se remariera encore trois fois et s’éteindra à 77 ans dans sa luxueuse propriété de Paradise Valley en Arizona. 


 Leslie passionne l’Amérique entière, elle est son nouveau bébé, son nouveau porte bonheur, sa nouvelle joie de vivre…jusqu’à ce qu’apparaisse Audrey Hepburn dans « Vacances Romaines ». Oscar de la meilleure actrice reçu d’emblée tant le choc de sa découverte bouleversa les cœurs Américains versatiles.

 Les deux actrices, toutes deux européennes ont sensiblement le même type féminin et viennent du monde de la danse même si Audrey n’a pas encore exercé ce talent devant les caméras.  Les paris sont ouverts : Qui d’Audrey ou de Leslie est la plus belle, la meilleure, la plus grande ? 

Leslie est bien au-dessus de ces considérations. Elle tourne la version dansée de Cendrillon, termine le film un samedi et commence « Papa Longues Jambes » le lundi suivant. Folle de joie elle appelle sa mère « Maman, je vais danser avec Fred Astaire ! » Fred Astaire ! L’idole de sa mère qui passait son temps à lui répéter « Vas donc voir Fred Astaire au cinéma si tu veux savoir ce que c’est que le rythme ! ».

Prise par le tournage de « La Pantoufle de verre », Leslie n’a pas assez répété les numéros de son film suivant et est tétanisée à l’idée de décevoir Fred Astaire qui mérite que l’on soit professionnelle jusqu’au bout des chaussons pour danser avec lui. Fred la rassure « Laisse toi faire ! » Et il guide Leslie dans leurs pas de deux rien qu’en positionnant sa main dans son dos.

Leslie enchaîne avec Lili. Petite souillon nigaude qui ressemble furieusement à Gelsomina, le personnage de Giulietta Massina dans « La Strada ». Mal attifée et affublée d’une coiffure hirsute, Leslie épouvante le staff beauté de la MGM où on décide de produire dare-dare un film pour rendre « tout son glamour perdu » à Leslie Caron. Mais quel film ?

Colette qui ne jurait que par Audrey pour la version filmée de « GIGI » change d’avis en faveur de Leslie et ne veut plus qu’elle, bien qu’Audrey ait fait triompher le personnage à Broadway.  C’est donc Leslie qui devient Gigi en 1958 dans la prestigieuse version filmée de la M.G.M. qui la distribue avec ses compatriotes Maurice Chevalier et Louis Jourdan.


 Les préparatifs et les débuts du tournage à Paris l’année précédente furent un des clous de la saison 1957. La distribution française, Leslie, Maurice Chevalier et Louis Jourdan recevaient le tout Paris chez Maxim’s qui retrouvait pour un soir ses couleurs d’époque. Toutes les voitures d’avant la guerre 14 que l’on avait pu trouver amenaient ces messieurs dames au milieu des cuivres rutilants, des roues en bois et des lanternes à chandelles. Les chauffeurs eux-mêmes portaient casaque d’époque et moustaches en guidon de vélo. Bref, la M.G.M. mettait les petits plats dans les grands…un peu moins d’argent et plus de talent n’aurait pas nui à l’ensemble ! 

C’est la première comédie musicale tournée en décors naturels. Leslie se souviendra toute sa vie des scènes à refaire parce qu’un avion passait, les changements de décors parce que l’on s’apercevait soudain que des antennes de télévision étaient dans le cadre.

 Le film est, reconnaissons-le, très mauvais. La faute sans doute au scénario plutôt risqué que l’on a tenté de noyer dans les anecdotes et les chansons. Mais Leslie faisait couler tant et tant de merveilleux dollars dans les caisses de la M.G.M que celle-ci mettait en chantier un tas de très coûteuses comédies musicales la mettant en scène.  « Cendrillon », « Papa longues jambes », « Lilli », « Gigi », « Gaby », « Fanny ».  Rarement des budgets aussi énormes se sont débloqués à Hollywood sur la seule confiance accordée à une actrice. Marilyn Monroe entre autres n’y arrivera jamais. Leslie Caron est une star incroyable, une star à la réputation de « gentille », l’anti thèse de Bette Davis ! Dans la rue, les gens l’interpellent, lui sourient, on la supplie de bien vouloir embrasser les enfants comme si c’était une bénédiction. Dans les hôtels, au lieu d’entendre à son réveil : « Miss Caron bonjour, il est sept heures trente, elle entend : "Debout, Gigi, c’est l’heure ! » 

 Hélas, la comédie musicale vit son déclin. Les cachets de Leslie augmentent au fur et à mesure que les recettes diminuent.  L’échec de « Fanny » est particulièrement cuisant. La M.G.M. arrête les frais, Leslie Caron a fait son temps.

  

Gigi fera de Leslie Caron une gamine espiègle pour la nuit des temps. La cinquantaine venue, des enfants la reconnaîtront encore dans la rue se précipiteront dans ses jupes en criant "Gigi !"

Personne ne peut l'imaginer dans autre chose. L'actrice tente bien de "casser" cette image, sans succès, ceux qui vont la voir au cinéma sont déçus s'ils ne reçoivent pas du Gigi ou similaire, Leslie Caron finira par vouer une haine féroce à ce personnage.

Le 5 Août 1956, Leslie Caron épouse le metteur en scène de théâtre Peter Hall, père de ses deux enfants : Christopher né en 1957 et Jennifer née en 1959. Hèlas pour Leslie, le beau Peter se fiche du cinéma comme d'une guigne. Il vit en Angleterre, dans la ville natale d'un certain William Shakespeare et Leslie doit faire, solitaire, les navettes Angleterre-USA pour son travail. Jusqu’à ce que son intellectuel de mari déclare un jour « Mais pourquoi t’obstines-tu à travailler ? C’est ridicule ! Maintenant tu es une femme mariée avec deux enfants ! Ça suffit ! »

Force est également d'admettre que le travail de Peter hall passionne bien peu Leslie Caron.


Ce qui devait arriver ne va pas manquer de se produire. Le don juan numéro un d'Hollywood, monsieur Warren Beatty va croiser la route de Leslie à la faveur d’un tournage. Le couple va vivre une liaison, liaison qui pèsera fort lourd dans la balance du divorce.

Leslie a 32 ans lorsqu’elle rencontre Warren Beatty qui en a six de moins qu’elle. Chose dont le don juan hollywoodien numéro un se fiche bien. Tout comme le fait d’avoir dans ses bras une femme mariée et déjà maman. Leslie prendra l’avion une fois de plus, pour dire à son mari : « Je suis tombée amoureuse de Warren Beatty, je retourne m’installer à Hollywood ».

On parlera beaucoup de la liaison Leslie Caron-Warren Beatty. En 1964, Leslie traversera l’Atlantique en avion un jour sur deux, tiraillée entre Warren qu’elle aime et ses enfants qui lui manquent et qu’elle n’a avec elle que pour les vacances scolaires.

A l'aube des années 60, Elle était devenue une véritable créature hollywoodienne avec divorce, villa, piscine, Cadillac, chauffeur, et tutti quanti. Le public se lassa de ses savants entrechats et elle ne garda pas la grâce juvénile et primesautière d’Audrey.  Leslie se starifie, se chanellise l’allure. La trentaine venant, elle évolue vers une élégance plus racée, plus citadine et pour tout dire plus hautaine, plus bourgeoise qu’Audrey Hepburn.


  Ne trouvant pas de rôle convainquant à Hollywood, Leslie va vivre une aventure pour le moins inattendue. Elle avait tourné à Londres « La Chambre en forme de L ». Elle incarnait une femme enceinte dans le film. Or, Hollywood est très pudique en ce qui concerne la grossesse et l’accouchement. Une actrice y annonce qu’elle est enceinte avec la taille si serrée qu’elle pourrait se servir d’une bague comme ceinture. Elle part à la maternité avec une robe à peine un peu floue et en ressort plus mince qu’avant d’y entrer. En Angleterre on n’est pas aussi prude et Leslie joue sa grossesse de cinéma dans le même état que lors de sa propre grossesse. Ventre énorme, savates, cheveux qui pendouillent, nausées, maux de dos. Le film sort aux USA et le public est estomaqué. On n’a strictement jamais vu ça !

 Comme pour Simone Signoret avec « Les Chemins de la Haute Ville », le petit film Anglais sera le film de la consécration américaine. Leslie est nommée aux Oscars en 1964.

Elle partage cet honneur avec Natalie Wood, Shirley Mac Laine et Patricia Neal. C’est cette dernière, outsider inattendu qui l’emporte.  Leslie ayant quand même glané l'Oscar britanique et le golden globe pour sa performance. Malgré la prouesse 1964, Le succès se désintéresse de Leslie Caron.


Toute à sa liaison avec Warren Beatty, Leslie cherche un scénario qui pourrait réunir son couple people à l’écran. C’est François Truffaut qui lui donne le scénario de « Bonnie and Clyde ». Film qu’il ne trouve pas le temps de faire. Beatty le lit et le rejette comme un « western sans intérêt ! » Tête effarée de Leslie qui bataille pour ce film qu’elle veut absolument tourner. Beatty finalement convaincu par Leslie produit le film. Mais il lance à Leslie : « Tu es trop vieille pour le rôle de Bonnie, tu ne feras pas ce film avec moi ! »

C’est la rupture. Avec le cachet de « Promise her anything » qu’elle avait tourné en 1965 avec Warren Beatty, Leslie avait réalisé un de ses rêves. Avec ses 75.000$ de cachet, à peu près l’équivalent d’un million d’euros actuels, elle s’offre un Modigliani qu’elle accroche en bonne place dans sa propriété londonienne.

Très vite le rêve tourne au petit cauchemar. Londres est victime d’une vague de cambriolages sans précédente. Non seulement les assurances vont lui coûter une fortune mais lui imposer un système d’alarme digne d’un film de James Bond et la présence d’un gardien dès qu’elle s’absente le soir ou voyage. Alors si en plus, au bout d’un an, son Modigliani lui rappelle le temps où elle n'était pas encore trop vieille pour tourner avec Beatty, ça fait beaucoup !


Leslie reste à Hollywood. Elle se lance dans la vie nocturne et les soirées débridées. Mais sa nature profonde est ailleurs. Elle s’étiole se perd, sombre dans la dépendance à l’alcool et aux médicaments.

 En France sa mère a choisi de mettre fin à ses jours. Leslie dans ses brumes d’alcool se ressaisit. Elle est devenue danseuse comme sa mère le voulait, elle est devenue une star comme sa mère le voulait. Est-ce qu’elle va suivre le même chemin que sa mère ? Elle est à l’heure du choix. Mourir ou vivre. Elle choisit de vivre.


Leslie quitte à la fois Hollywood et Londres pour Paris et attend les propositions intéressantes qui ne viendront pas. Les producteurs ne pensent pas à elle s'il n'ont pas besoin d'une gamine de 16 ans prête à sautiller dans tous les coins de l'écran. Et si Leslie avait été choisie en Angleterre pour "La Chambre en forme de L" c'était déjà en remplacement d’une autre actrice :  Jean Simmons.

Leslie se remarie en 1966 avec le richissime producteur américain Michael Laughlin qui ne la fera jamais tourner dans ses films.

Leslie va donc peu à peu s'effacer du paysage cinématographique jusqu'à ce qu'une nouvelle génération de metteurs en scène prenne le relais et fasse appel à ses talents, les talents d'une actrice devenue mythique. La star s’était réinstallée à Paris mais le cinéma français ne sut hélas guère profiter d’une telle aubaine et Leslie tourna peu pour les caméras hexagonales !

 

Alors, à un âge plus que certain, lassée d’attendre les propositions inexistantes, elle rangea tous ses beaux livres dans des cartons et s’exila en Angleterre où on lui offrit un rôle à la télévision…Le jour même de son arrivée !


Nul n’est prophète en son pays…Et Leslie Caron moins que quiconque.

Celine Colassin

 

QUE VOIR ?


1951 : Un Américain à Paris : le film des débuts triomphaux. Pour amateurs de comédies musicales et de technicolor criard uniquement.

1951: L'Homme en manteau noir: Leslie tâte du film noir, la voici confrontée à Barbara Stanwyck.

1952: la Ruelle du Péché: Leslie dirigée par Raoul Walch dans un film où un boxeur perdant tâte de l'introspection, Louis Armstrong apporte un petit coup de trompette bienvenu.

1953: Lilli: Un triomphe colossal pour Leslie Caron flanquée de Mel ferrer. Celui-ci joue un grand danseur victime d’un grave accident et aujourd’hui recyclé en montreur de marionnettes.

1955 : Papa Longues jambes : Leslie ne pouvait échapper aux pirouettes endiablées de Fred Astaire .

1956 : Gaby : Leslie enfile les chaussons de Vivien Leigh qui s’ofrit un triomphe dans la version précédente, elle y avait Robert Taylor comme beau militaire de son cœur, Leslie se contente de John Kerr.

1958 : Gigi: Comment peut-on faire un film aussi mauvais? Un pari ? Et comment ce fait-il que ce film ait marché et...marche encore ? Dieu que c'est pénible ! En particulier les séances de radottage de Maurice Chevalier. Comble du comble, le film rafle un Oscar de plus qu’« Autant en Emporte le Vent »

1958: Histoire de Trois Amours : Leslie retrouve Vincente Minnelli qui la projette dans les bras du séducteur Farley Granger.


1960: Les Rats de Cave: Leslie tête d'affiche devant le beau Georges Peppard dans un film bien désuet aujourd'hui. la fabuleuse Janice Rule est ahurissante dans un personnage inspiré de la légende de Juliette Greco.

1962 : Sept Heures avant la Frontière  (Guns of Darkness): Le film se tourna en Espagne et Leslie Caron garda un souvenir peu attendri de la scène clé du film où elle se trouvait avec David Niven dans une voiture en proie à des sables mouvants.

1964: La Chambre en forme de L: Le film de la consécration où Leslie incarne une petite boniche enceinte, l'antipode de ses personnages habituels.

1964: Grand Méchant Loup Appelle : Leslie face à Cary Grant dans une comédie qui se cherche en nous perdant, on pense un peu à « African Queen ».

1964: Le Coup de l’Oreiller : Une comédie désuète ou le personnage de Leslie pouvait tout aussi bien convenir à Doris Day.

1964: Promise Her Anything : Il est clair que l’on compte férocement sur le couple Leslie Caron-Warren Beatty pour faire affluer en masse les curieux au cinéma.

1966 : Paris Brûle-Il ? Leslie fait partie de la distribution fleuve de ce film, sans doute parce qu'elle était déjà sur les lieux de l'action.

1967 : Jeux d’Adultes : Il convient, pour couronner dignement une carrière de montrer ce que l’on sait faire dans un bon film italien. Voici chose faite pour Leslie avec cette excellente comédie


1977 : L'Homme qui Aimait les Femmes: François Truffaut fait appel à Leslie Caron qui joue sa scène sous un tas de plumes, déjà à l'époque, Truffaut lui confie un rôle de femme surgie du passé.

1977 : Valentino : Ken Russell met en scène de manière éblouissante la courte vie de Rudolph Valentino dont le rôle est confié à Rudolph Noureev. Leslie avec toute l’extravagance et la démesure voulue incarne Alla Nazimova même si son personnage se mâtine de Pola Negri.

1979 : Golden Girl : Film au sujet encore très actuel : le sur-entraînement souvent scabreux des champions sportifs, en l’occurrence la belle Susan Anton, aussi éblouissante qu’éphémère.


1981: Chanel Solitaire: Alias Marie-France Pisier dans un film qui ne semble pas avoir fait ses frais.

1984 : la Diagonale du Fou : Film sublime porté par Michel Piccoli dans un de ses meilleurs rôles et ce n’est pas peu dire.


1992 : Fatale: Leslie est la mère de Juliette Binoche.

1995 : Funny Bones : Une comédie plutôt ratée mais avec une affiche prestigieuse où Leslie côtoie Jerry Lewis, Oliver Reed et la vétérane Ruta Lee.

2000: le Chocolat: Leslie est une vieille fille revêche et coincée dans ce film magnifique.


LES FILMS QUE VOUS NE VERREZ PAS

(Avec Leslie Caron)


Trois chambres à Manhattan : Bien que Georges Simenon se soit toujours méfié des gens de cinéma, il comptait quand même quelques très grands amis dans ce milieu dont Harry Baur, Fernandel ou Raimu. Et puis son ami Jean Renoir. Les deux hommes séjournant aux USA après-guerre, c’est, fait unique dans sa longue carrière d’écrivain, Simenon lui-même qui sollicite Renoir pour adapter son roman à l’écran. Renoir s’enthousiasme et songe immédiatement à Leslie et à Charles Boyer. Mais Boyer exige tant de coupures et de modifications, argumentant, probablement avec raison que la censure n’allait rien laisser du film que Renoir renonce au projet.  Le film sera tourné bien plus tard par Marcel Carné avec Annie Girardot.

The Girls : La MGM avait l’idée de confronter à l’écran Leslie et Jean Simmons qui venait de convaincre dans « Blanches Colombes et Vilains Messieurs ». Résultat des courses, le film sera tourné avec Mitzi Gaynor, Kay Kendall et Taina Elg !

Piaf : Dès l’automne 1962, la Warner songeait à adapter la vie d’Edith Piaf à l’écran et songeait à Leslie pour le rôle.

 

 
 
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