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ELEANOR PARKER

  • 6 juil.
  • 17 min de lecture

 Le 26 Juin 1922, Jean Eleanor Parker naît à Cedarville dans l’Ohio. La famille Parker n’est guère fortunée. Un père professeur de mathématiques et une épouse femme au foyer, mère de trois enfants dont Eleanor est la benjamine.


 Eleanor devra se contenter de l’enseignement des écoles publiques avant d’enfin pouvoir venir tenter sa chance à Hollywood, son rêve de toujours, en 1942.

Eleanor a vingt ans.

Lorsqu’elle débarque à Hollywood, voilà déjà cinq ans qu’elle est montée sur scène dans des spectacles d’amateurs. Elle avait même été repérée par un scout de la Century Fox mais lui avait crânement répondu qu’elle ne se sentait pas suffisamment mature pour passer un bout d’essai. Un « scout » de la Warner aura plus de chance. Alors qu’il assiste à une représentation théâtrale à la recherche de beaux oiseaux rares, il ne voit rien du spectacle, subjugué par une rousse sublime…parmi les spectateurs.

Elle lui tiendra à peu près le même discours : « Plus tard peut-être ! » Mais cette fois elle a accepté sa carte.

Elle viendra elle-même frapper à la porte des studios Warner un an plus tard, se déclarant fin prête pour son bout d’essai !

Elle le passa brillamment et fut engagée sur le champ.

 


« Je suis venue chez Warne, le lendemain je passais mon bout d’essai, le surlendemain on préparait mon contrat et encore un jour plus tard, le jour de mon anniversaire, je venais le signer ». Mais ces débuts inhabituels ne la mirent pas d’emblée sur les chemins de la gloire.

La Warner va la cantonner dans des rôles minuscules, voire de simples apparitions et lui faire subir entretemps, le dur écolage de leur école de talents.


Sa beauté trop classique malgré une voluptueuse chevelure rousse et un regard bleu de ciel ne semblait intéresser personne sauf Fred L. Losee, un dentiste en permission égaré sur un plateau de cinéma qu’elle épousera le 23 Mars 1943.


La belle Eleanor avait un autre handicap. Celui de sa timidité maladive qui l’empêchait de montrer les dents, sortir les griffes mais au contraire fuir tout combat, toute altercation et même toute compétition. Elle voit des rôles lui filer sous le nez, raflés par d’autres actrices moins timorées. « Ce n’est pas grave. Je suis comme toutes les actrices, j’espère gravir les sommets mais sans jouer des coudes ni piétiner personne. »

Entretemps elle fait quand même chez Warner des débuts. Mais si modestes qu’ils finissent dans la poubelle de la salle de montage.


 Le mariage aussi finit sur le plancher de la salle des amours déçues à peine un an après le mariage.

 Eleanor croyait bien sûr avoir rencontré le grand amour, mais elle avait surtout ouvert les portes de la Warner. Alors elle avait fait un mariage le plus discret possible. Lui en uniforme, elle en simple tailleur car elle avait bien entendu et lu dans des « fan magazines » qu’un mariage pouvait ruiner la carrière d’une star.

Que strictement personne ne la connaisse encore ne lui avait pas effleuré l’esprit.


Elle n’est alors qu’une artiste modeste qui intéresse peu le public et les médias. Il lui arrive souvent, comme Ava Gardner chez Metro, d’arriver au studio le matin, de se faire merveilleusement habiller, coiffer et maquiller puis de poireauter jusqu’à l’heure de se faire merveilleusement décoiffer, démaquiller, déshabiller et rentrer chez elle.

Les jours fastes, elle se retrouve dans la figuration de films obscurs dont la Warner a le secret. Il lui arrive aussi de donner la réplique à des acteurs qui passent leur bout d’essai.

Et, ce qui la mortifie le plus : doubler vocalement des starlettes tapageuses à voix de crécelle.

 

En 1944 on parle un peu d’elle, mais parce qu’elle est hospitalisée pour une appendicectomie qui a failli lui être fatale et parce qu’elle demande le divorce de son cher dentiste qui selon elle emploie tous ses moments de loisirs à la rendre dingue.

 C’est également l’heure de son premier baptême du feu, son premier vrai rôle dans « The very Tought of you.


Dans l’ivresse de la fin des hostilités mondiales, Eleanor Parker est devenue l’actrice préférée des joyeux célibataires hollywoodiens, et elle a adopté un look tellement sophistiqué que Mae West et Marlène Dietrich elles-mêmes en sont éberluées. Du coup, elle les rejoint dans le cercle très fermé des icônes gay !

Plus tard elle regrettera cette période de sophistication extrême, reconnaissant volontiers que sous ces artifices stupéfiants qui flattaient l’œil, personne ne pouvait se rendre compte de ses capacités d’actrice, si elle avait bien ou mal joué ou même si elle avait joué ou non. Parfois moins bien disposée, elle complètera : « Mais il fallait bien faire quelque chose pour intéresser le public à ces films médiocres que la Warner m’imposait ! »

 


Il est vrai que le studio n’est pas très gracieux envers Eleanor qui passe après Ida Lupino qui elle-même passe après Ann Sheridan qui passe après Olivia de Havilland qui passe après Bette Davis !


En 1946 elle atteint enfin le haut des affiches en reprenant le rôle que tenait naguère Bette Davis dans « Of Human Bondage », Hollywood découvrant alors en cette rousse flamboyante une de ces actrices plus grandes que nature qu’il affectionne tout particulièrement.

Paradoxalement pourtant, aujourd’hui la technique nous permettant de comparer ces deux interprétations du même personnage, il faut bien reconnaître qu’Eleanor supporte mal dans le rôle de Mildred la comparaison avec l’illustre Bette Davis hautement plus performante. « Je suis fascinée par les femmes méchantes ou calculatrices parce qu’elles sont mon opposé. Les incarner est pour moi d’une très grande difficulté. J’ai du mal à imaginer leur psychologie. »

 

L’armistice la trouve emmourachée de Joe Kirkwood Jr et leur mariage imminent ne fait aucun doute lorsque la presse apprend, incrédule, que si mariage il y eut, ce fut avec Bertram Eli Friedlob le 4 Janvier 1946, alors que l’on croyait cet invétéré richissime coureur de jupons très entiché de Miss America herself !

Personne ne crut en la pérennité de ce mariage. Bertram, producteur à ses heures était réputé aussi tapageur que Mike Todd en personne. Que faisait donc dans cette bruyante galère la douce Eleanor ?

La réponse n’allait pas tarder : trois enfants.

De film en film, Eleanor Parker ne devient pas une star mais se peaufine une réputation d’actrice efficace même s’il lui faut toujours attendre qu’Ida Lupino se désiste pour obtenir un rôle.


Les jeunes mariés Friedlob s’installent dans leur nouvelle fastueuse villa pour y fêter la Saint Valentin et Eleanor offre à ses parents sa première maison hollywoodienne qu’elle s’était offerte avec ses cachets d’actrice sous contrat chez Warner.

Cette anecdote qui me paraît aller de soi bouleversa l’Amérique. Qu’une star de cinéma donnât sa maison à ses parents aujourd’hui à la retraite plutôt que de l’échanger contre une Cadillac et un vison stupéfia tout le monde et la cote de popularité d’Eleanor, cette brave fille, grimpa en flèche !

 


Les jeunes mariés vont mener grand train, la villa sera bientôt trop exigüe pour leurs fastes matrimoniaux et l’on s’installera dans un manoir de 90 pièces plus conforme à leur standing. On fréquente beaucoup Lana Turner et son mari du jour, le milliardaire Bob Topping. Entre gens aimables et distingués on fait des croisières en Europe, on inaugure des casinos, on paresse sur des yachts ou on fait des safaris en Afrique.

Parfois ces dames daignent regagner Hollywood pour y vaquer à leurs occupations d’actrices, Eleanor se demandant pourquoi on lui inflige Ronald Reagan comme partenaire !

 

Le 7 Mars 1948, Eleanor devient maman pour la première fois d’une petite Susan Eleanor qui se porte bien. Son mari la couvre de diamants pour ce haut fait et dans la foulée elle joue d’une rage de dents pour renoncer à donner la réplique une nouvelle fois à Ronald Reagan et dépêche Patricia Neal à sa place.

 

La Warner qui commence à en avoir soupé des stars capricieuses suspend le contrat d’Eleanor qui commente : « Ils arrêtent de me payer ? La belle affaire ! Je suis mariée à l’un des hommes les plus riches du monde, j’ai plus d’argent de poche que la Warner n’en a pour produire mes films ! Leur argent ne m’intéresse pas, ce que je demande c’est que l’on me donne enfin de vrais rôles à défendre, même si c’est moi qui dois payer pour les tenir ! »

 

La guerre des têtes de bois va entrer dans le livre des records, Eleanor Parker va rester suspendue durant quatre ans ! Quatre ans qu’elle va occuper en jouant à la maman modèle et en collectionnant les plus fabuleux bijoux au monde, faisant tourner de l’œil Anne Baxter et Paulette Goddard réunies qui ont l’air de mendiantes à côté d’elle.

L’actrice ne détestant pas être photographiée dans ses occupations maternelles, elle est décrétée la plus jolie maman d’Hollywood par une presse attendrie. Le 18 Avril 1950, elle est à nouveau maman, cette fois d’une petite Sharon.

 

En 1950, Eleanor a également trouvé enfin un rôle à défendre depuis ce douteux remake de « L’Emprise », dans « Femmes en Cage ». Et l’actrice qui attend depuis près de dix ans la chance d’enfin prendre son véritable envol au cinéma va soudain devenir une des stars les plus essentielles et les plus sollicitées d’Hollywood, glanant au passage trois nominations à l’Oscar de la meilleure actrice.


Elle devient la reine des grosses productions technicolor qu’Hollywood met alors en chantier, et si elle n’est finalement pas de « Quo Vadis » parce qu’empêtrée dans une lamentable vie de « Valentino », elle sera de « Scaramouche », de « Quand la Marabouta gronde », film qui traumatisa durablement Catherine Deneuve et…moi.

Elle sait cependant accepter de paraître dans des films moins prestigieux comme « Détective story » où elle est l’épouse bien astiquée de Kirk Douglas, rendue stérile à la suite d’un avortement clandestin ou jouer à la fausse handicapée pour détourner l’attention de Frank Sinatra des charmes de Kim Novak dans « L’Homme au Bras d’Or ».

 


Ultra starifiée, Eleanor Parker n’est jamais prise en défaut d’élégance ou d’interprétation, ne connaissant guère de rivale à part sans doute Deborah Kerr ou Maureen O’hara qui savent briller sur les mêmes registres qu’elle. Il semble que tous les rôles soient soumis à l’appréciation de la très versatile et très talentueuse miss Parker avant d’échoir en cas de refus à d’autres actrices.

Il faut dire que son richissime époux n’hésite jamais à intervenir financièrement dans les projets qui ont éveillé l’intérêt de sa flamboyante dulcinée !


C’est peut-être ce qui va lui nuire dans l’esprit du public, comme si l’excès de talent pouvait, comme celui du tabac ou de l’alcool être nuisible.

Cette faculté incroyable de composer et de passer d’un registre à l’autre avec une maestria étourdissante fait qu’elle n’a pas une image forte et précise dans l’esprit du public comme l’ont Crawford, Davis ou Monroe.

Miss Eleanor Parker, c’est un fait, est très en avance sur son temps.

« Femmes en Cage » lui a valu sa première nomination aux Oscar en même temps que les cultissimes Bette Davis pour « All About Eve » et Gloria Swanson pour « Sunset Boulevard », ces dames étant évincées, on le sait, par la délicieuse Judy Hollyday pour « Born Yesterday ». Toujours pour ce même film, le prestigieux festival de Venise l’avait accueillie avec tous les honneurs dus à son statut de nouvelle reine des écrans et avait couronné son interprétation.

 

Dès lors Eleanor Parker est une star que l’on croit définitivement indétrônable.

L’Amérique est en émoi lorsque tombe la nouvelle suivante : Clouée au lit par une grippe, la star est réveillée en pleine nuit par une odeur de fumée. Elle n’a eu que le temps de sauver ses petites filles et fuir dans la nuit face à un feu de forêt dévorant tout sur son passage malgré l’intrépide intervention de Kim Novak au tuyau d’arrosage.

L’incendie sera maîtrisé alors qu’il manque déjà un mur à la somptueuse propriété des Friedlob !

La semaine suivante, Eleanor adopte une nouvelle couleur de cheveux, un roux plus flamboyant baptisé « Feu de Forêt » et l’Amérique en frétille de bonheur !

 

En 1952, la MGM s’offre ses luxueux services et se l’attache avec un contrat de cinq ans qui fait d’elle une des reines du studio.t Eleanor entre deux triomphes met son fils Richard au monde.


En 1953, le divorce du couple Friedlob fait l’effet d’une bombe. Eleanor, fidèle à sa martingale déclare que si elle reste plus longtemps l’épouse de Bert, elle finira par devenir complètement cinglée. Celui-ci ne fait aucun commentaire et se contente de financer, comme il le lui avait promis, le nouveau film de madame Eleanor Parker ex Friedlob.


Le couple sera officiellement divorcé à la fin de 1953. Nantie d’un million de dollars supplémentaire, l’actrice a installé ses parents chez elle pour qu’ils s’occupent des enfants durant ses absences, elle affiche une nouvelle couleur de cheveux et une nouvelle aventure, avec Robert Taylor avec qui elle se prépare à gagner l’Egypte pour y tourner « La Vallée des Rois ».

 


L’année suivante, elle connaît son plus grand triomphe personnel et est à nouveau nommée aux Oscars pour « Mélodie Interrompue ». Elle sera cette fois coiffée au poteau par Anna Magnani.

Eleanor se remarie encore en Novembre 1954 avec un certain monsieur Clemens qui a déjà une fille de 13 ans d’un premier mariage.

Rien de très ennuyeux, si ce n’est que cette jeune demoiselle se prénomme également Sharon, ce qui en fait deux dans la maison, mais ce ne sera pas là les seuls avatars des prochains mois.


Eleanor qui est couronné l’actrice préférée des coiffeurs et des fleuristes et qui est également la nouvelle égérie des savons LUX s’effondre nerveusement sur le plateau de son film suivant, « Un Roi et Quatre Reines », sans doute après avoir lu le scénario.

A peine remise de ses émois, elle apprend la mort de son ex mari Bert Friedlob fauché par le cancer à 49 ans.

Son nouveau mari adoptera légalement ses trois enfants nés du mariage d’Eleanor avec le défunt monsieur Friedlob.

Le 7 Janvier 1957, la famille Clemens s’agrandit avec la naissance du petit Paul Day.

 

Ils seront les premiers habitants de Los Angeles à vendre leur somptueuse propriété de Beverley Hills et vouloir s’installer dans des régions moins polluées. Miss Eleanor Parker doutant des bienfaits du « smog » sur la croissance de ses enfants.

Au début des années 60, le couple Clemens se sépare mais mettra plusieurs années avant d’entamer une procédure de divorce.

 

Eleanor a continué, avec d’autres couleurs de cheveux et plus de bijoux sa brillante carrière de reine d’Hollywood et apparaît en blonde dans « La Mélodie du Bonheur ».

L’année suivante, le choc est rude pour la flamboyante artiste couverte de diamants. Dans la foulée des critiques désastreuses de son nouveau film « The Oscar », elle est déclarée has been, relique d’un Hollywood de pacotille que le public ne veut désormais plus voir maintenant qu’on surgit les bikinis d’Ursula Andress et de Raquel Welch.

 


 Eleanor Parker dût sans doute rester songeuse en imaginant Raquel dans « Mélodie Interrompue » ou Ursula dans « Lizzie » mais digéra mal le fait que l’on voie maintenant en elle une relique du temps jadis, une actrice aux cheveux rouges surjouant les névroses d’héroïnes hystériques et peu crédibles dans de coûteux et ringards films d’aventures tournés dans des jungles de plantes en pot !


Discrètement remariée lors d’une cérémonie éclair à Las Vegas à monsieur Raymond Hirsch, homme d’affaires de son état et accessoirement administrateur de théâtre, l’actrice qui n’a toujours pas digéré l’affront tourne le dos au cinéma.

Il faudra attendre 1980 pour la revoir passer, et encore, en coup de vent, dans le sillage de Farrah Fawcett dans « Coup de Soleil ».

 

Adorant son métier plus que tout au monde hormis ses enfants, miss Parker investit alors les plateaux de télévision et se mit à étinceler de milles feux pour éblouir les téléspectateurs, public plus respectueux et surtout mieux élevé. 


C’est ainsi qu’elle reprendra avec un vif plaisir à la télévision les rôles de Lana Turner dans « Madame X » ou de Katharine Hepburn dans « Devine qui vient Dîner »

Elle prendra une retraite cette fois définitive en 1980 si on excepte un petit baroud d’honneur en 1991 dans le téléfilm « Dead on Money ».


 

Eleanor Parker qui fut toujours d’une coquetterie haute école choisit alors de s’exiler de la vie publique et de préserver intact le souvenir de sa flamboyante beauté, réservant pour sa famille les outrages que le temps finit par imposer à tous les visages, aussi fabuleux soient-ils.

Elle décède le  9 décembre 2013 dans sa luxueuse retraite de Palm Springs à l’âge vénérable de 92 ans.

Raymond Hirsch l’avait laissée veuve en 2001.

Celine Colassin

 


QUE VOIR ?


1942 : Busses Roar : Enfin un rôle pour Eleanor après des figurations, des voix off, des personnages non crédités ou…coupés au montage. Le film nous confronte à un terroriste plaçant une bombe dans un bus, ce que l’on avait déjà vu chez Hitchcock.

1943 : The Mysterious Doctor : Eleanor face à John Loder dans un film qui reçut d’abominables critiques : “Heureusement qu’il s’agit d’un film de série B, offert en complément d’un film que l’on espère de qualité, car personne au monde de sensé ne débourserait un cent pour voir une niaiserie pareille !”

1943 : Mission à Moscou : Ce film mériterait d’être revu car la Russie de Staline y est dépeinte sous un jour presqu’enchanteur. Ann Harding et Walter Hudson sont les héros convaincus de la chose.

1944 : The Last Ride : Ce film qui réunissait Eleanor à Richard Travis était déjà le remake raté d’une vieille chose de 1932 et connaîtra un remake en 2004 avec Dennis Hopper.

1944 : Crime by Night : Un policier mené par Jane Wyman en épouse et secrétaire du détective Jérôme Cowell, lequel couple se verra contrait de résoudre un crime durant ses vacances. On pense très fort à « Arabesque » !

1944 : Entre Deux Mondes : Eleanor face à John Garfield et John Henreid.

1944 : The Very Tought of You : Un premier rôle enfin pour Eleanor mais dans un film sans envergure face à Dennis Morgan. 

1945 : Pride of the Marines : Tout est dans le titre, je présume que l’on aura compris qu’il s’agit de vanter la gloire et la bravoure des courageux militaires américains.

1946 : L’Emprise : Eleanor retrouve Paul Henreid. Elle succède à Bette Davis dans le rôle de Mildred.

1946 : Never Say Goodbye : Nous sommes chez Warner, il est donc impossible d’échapper à un film avec Errol Flynn, le robin des bois maison. Le voici donc dans une comédie contemporaine où Eleanor se sophistique à l’extrême pour captiver le spectateur, le détournant ainsi d’une intrigue stupide à ravir et d’un acteur en perpétuel état comateux.  

1947 : Aventure à Deux : Eleanor Parker et Ronald Reagan à l’affiche. Elle prit comme une insulte de miner l’amour dans les bras de Reagan qu’elle ne pouvait pas souffrir.

1947 : Escape Me Never : Eleanor dans de ravissants atours belle époque est flanquée d’un adorable teckel. On retrouve Errol Flynn toujours aussi goguenard et éteint à la fois. 

1948 : La Femme en Blanc : Duel au sommet avec la belle Alexis Smith.

1949 : Femmes en Cage : Eleanor retrouve Agnès Moorhead qui lui donnait déjà la réplique dans « La Femme en Blanc » pour ce film de femmes en prison que semblent affectionner tant d’actrices ! L’intérêt de celui-ci étant qu’Eleanor entre en prison aussi pure qu’une colombe sortie de l’œuf et devient criminelle en en sortant !

 

1950 : Chain Lightning (Pilote du Diable) : Eleanor face à Humphrey Bogart. En son temps le film était d’actualité. Nombre de pilotes de guerre trouvaient à se recycler dans l’industrie privée, y compris comme pilotes d’essai. Le scénario sera d’ailleurs modifié plusieurs fois, l’évolution de l’aéronautique américaine étant plus rapide que le tournage.

1950 : Three Secrets : Trois destins de femmes dirigés par Robert Wise et joués par Eleanor, Patricia Neal et Ruth Roman.

1951 : A Millionnaire for Christy : Un film bien oublié où Eleanor donnait la réplique à Fred McMurray.

1951 : Valentino : le film catastrophe sur la vie du séducteur des années folles, Anthony Dexter campe l’idole qui sera plus tard réincarnée à nouveau à l’écran sous les traits de Rudolf Noureev

1951 : Détective Story : Le film fit à l’époque sensation. Je trouve cette « tranche de vie » de commissariat de quartier terriblement vieillie et épouvantablement théâtrale et figée. Kirk Douglas n’arrange rien à l’affaire, on ne croit pas un instant au couple qu’il forme avec Eleanor Parker. Celle-ci tira si bien son épingle du jeu qu’elle frôla la nomination aux Oscar..

1952 : Scaramouche : Stewart Granger, très sautillant dans ses collants moulants va d’Eleanor à Janet Leigh en maniant joliment le fleuret, le tout ne cassant pas trois pattes au cerveau d’une mouche mais faisant un excellent moment de cinéma. 

1952 : Above and Beyond : Sorti en Europe sous le titre du « Grand Secret », ce film est aujourd’hui bien oublié et c’est fort dommage, il réunissait Eleanor Parker à Robert Taylor qui campe ici Paul Tibbets, célèbre pour avoir largué la bombe atomique sur Hiroshima ! 

1953 : Quand la Marabouta Gronde : La Marabouta étant, pour ceux qui l’ignorent, une invasion de fourmis rouges dévorant tout sur son passage. Pour les mêmes, je précise que nous sommes en Amérique du Sud au début du siècle où Charlton Heston a épousé par correspondance miss Eleanor Parker aux cheveux plus rouges que jamais.

1953: Escape From Fort Bravo : Un western vite fait bien fait avec William Holden. 

1954 : La Vallée des Rois : Un tournage de rêve pour Eleanor amoureuse de son partenaire Robert Taylor. Un voyage en Egypte qui la mène du Caire à Louxor jusqu’au désert de Lybie et une grande première mondiale au Caire, ce qui ne s’était jamais vu pour un film américain. 

1955 : Mélodie Interrompue : Eleanor interprète à l’écran la cantatrice australienne Marjorie Lawrence. Cette prima donna née dans une ferme qui mit le monde à ses pieds avant d’être frappée par la poliomyélite alors incurable et dont pourtant elle finit par triompher.

1955: Many Rivers to Cross (L’Aventure Fantastique) : Une délicieuse comédie où le trappeur Robert Taylor cher au cœur d’Eleanor n’arrive pas à se débarrasser d’elle.

1955: L’Homme au Bras d’Or : Sinatra en joueur toxicomane en fait des tonnes et se fait disputer ses charmes par Kim Novak, entraîneuse piquée par une mouche Tsé-tsé et engoncée dans une robe ayant appartenu à Mae West qui l’empêche tout à la fois de respirer et de marcher. Eleanor réussit la prouesse de tomber par une fenêtre en étant coincée (faussement il est vrai) dans une chaise roulante. Les seuls moments dignes d’une once d’intérêt du film étant précisément lorsqu’elle vient nous gratifier d’une de ses scènes d’hystérie sur roulettes.

1956 : Un Roi et Quatre Reines : Clark Gable aux prises avec quatre veuves dont Eleanor et Barbara Nichols, elles-mêmes placées sous la surveillance de Jo Van Fleet, ce qui nous donne un film absolument épouvantable.

1956: Lizzie (Désirs Secrets) : Ce film s’emble s’être volatilisé, Il semble qu’Eleanor y fut un brin cinglée mais le tout n’a rien à voir avec l’affaire criminelle Lizzie Borden à laquelle faute de trouver un coupable, l’Amérique en fit une comédie musicale.

1957 : Le Septième Péché (La Passe Dangereuse) Cela ne saute pas aux yeux mais Eleanor reprend ici un rôle autrefois porté par Greta Garbo dans « The Painted Veil ».

1959 : Un Trou dans la Tête : Eleanor confrontée à Frank Sinatra et Edward G.Robinson devant les caméras de Frank Capra.

1959: Celui par qui le Scandale Arrive : Un film long, pompeux et ennuyeux où Eleanor est l’épouse très épisodique de Robert Mitchum qui a bien des ennuis avec son fiston George Hamilton. Le jeune roi Beaudoin de Belgique, fasciné par la belle Eleanor hanta beaucoup le tournage !


1961 : Madison Avenue : Eleanor retrouve la sophistication de ses débuts pour narguer Dana Andrews qui en a pourtant vu d’autres.

1961: Return to Peyton lace : Une « suite » au succès colossal Peyton Place où les principaux protagonistes dont Lana Turner et Diane Varsi n’ont pas voulu reprendre leurs rôles attitrés.

1965 : La Mélodie du Bonheur : Eleanor, blonde à mourir n’apprécie guère cette tribu de petits singes braillards que sont les enfants de son nouveau mari et les confie à Julie Andrews qui en fait son affaire. Un succès colossal et qui dure encore pour le film que je déteste le plus au monde !

1965 : La Statue en Or Massif : Stephen Boyd en acteur hollywoodien parvenu prêt à tout pour être enfin oscarisé. L’apparition de Merle Oberon fit une grosse impression.

1967 : See You in Hell, Darling !: Un brillant scénario de Norman Mailer permet à Eleanor, Janet Leigh et Stuart Whitman de se confronter les uns aux autres  autour de l’absence complète de personnalité de la pourtant très belle Susan Denberg. Histoire de captiver les foules, Eleanor tourne nue.

1967: The Warning Shot (L’Assassin est-il Coupable ?) : Tourné initialement pour la TV ce film connut une sortie en salles. Il faut dire que sa distribution frise le délire puisqu’elle réunit Lillian Gish, Joan Collins, Walter Pidgeon, Stéphanie Powers, Georges Sanders et quelques autres illustres gloires hollywoodiennes dont Keenan Wynn.

1968 : Les Maîtres du Monde : Eleanor face à David McCallum des « Envahisseurs » !

1969 : l’œil du Chat : Eleanor s’essaye au cinéma moderne et fait fi de sa pudeur pour jouer nue et donner la réplique à Gayle Hunnicut et Michael Sarrazin. Elle retrouve aussi la chaise roulante de « L’Homme au Bras d’Or » et finit par dévaler une rue en pente avec !


1975 : Coup de Soleil : En fait de coup de soleil, c’est surtout l’échec du film qui fut cuisant, lequel ne servait d’ailleurs qu’à promouvoir au cinéma la star de télévision Farrah Fawcett. Joan Collins faisait partie du triste ensemble. Ce sera l’ultime apparition d’Eleanor au grand écran même si elle restera très active à la télévision jusqu’au début des années 90.

 
 
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