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SHELLEY WINTERS

  • il y a 1 jour
  • 25 min de lecture

La petite Shirley Schrift vient au monde le 18 Août 1920 à Saint Louis dans le Missouri.

Ses parents l’ignorent encore, mais une des plus fantastiques légendes de l’écran américain vient de naître.

Les Schrift n’ont pourtant rien à voir avec le cinéma, leurs modestes moyens ne leur permettent même pas les élégantes corbeilles de velours rouge lorsqu’ils vont voir un film. Ils doivent se contenter des sièges de bois du troisième balcon.


Rose Winter, la maman de la petite Shirley avait eu, avant son mariage, des velléités artistiques et chantait au Muny, le théâtre en plein air de Saint Louis.

Chaque année, de mi-juin à mi-août, et depuis 1914, le Muny présente une comédie musicale, souvent historique, bravement interprétée par des habitants du cru. C’est une tradition qui perdure encore aujourd’hui. Mais jamais un ponte d’Hollywood ou de Broadway ne tomba en panne de Cadillac à Saint Louis Missouri lorsque Rose Winter y chantait.

Les rêves s’envolèrent, elle rencontra un jeune tailleur, Jonas Schrift, juif comme elle. Ils s’aimèrent, s’épousèrent, eurent deux filles, Shirley et Blanche. Deux filles et les difficultés d’une vie misérable qui se refermèrent sur eux.

On gagna New-York, où, espérait Jonas, un tailleur pourrait mieux gagner sa vie qu’à Saint Louis.

Mais pour les Schrift il n’était pas question de Park Avenue. On s’installa dans une des rues les plus pauvres de Brooklyn.

Shirley avait trois ans. Pour endormir ses petites filles et leur faire oublier un peu la grisaille du destin, Rose leur racontait combien la vie était belle, lorsqu’elle chantait en robe de fée sous les étoiles de Forst Park, Saint Louis Missouri. Les deux petites filles n’en perdaient pas une miette et se promettaient secrètement de faire partie, elles aussi du cercle magique qui réunit le théâtre et les étoiles.

Rose se trouva un travail à New-York, elle accompagnait au piano les films muets. Nous étions en 1924, bientôt les films parleraient, chanteraient, danseraient et le piano droit irait rejoindre les accessoires inutiles au règne révolu. Rose resta chez elle et rêva.

Ses filles grandirent, devinrent jolie, Blanche fut la première à gagner sa vie.


Shirley rêvait elle aussi. Elle était étudiante lorsqu’elle abandonna livres et cahiers pour courir les auditions. Elle fit mille petits métiers abrutissants qui lui permettaient tout juste le coiffeur et le nouveau rouge à lèvres tendances « Baiser d’Avril » ou « Coquelicot d’amour ».

En 1941 enfin, une audition porta ses fruits, Shirley avait un rôle, minuscule, presque grotesque, mais un rôle à Broadway dans « The Night Before Christmas ». Elle ne se rendit pas en marchant au théâtre pour signer son contrat, elle ne prit pas un taxi, elle vola, ses blanches ailes déployées sur Broadway et sur son avenir de star.

Elle se posa et fut douchée net !

Elle devait pour signer son contrat être inscrite au syndicat des acteurs, et la cotisation annuelle payable d’avance était de 25$. Où pouvait-on trouver une somme aussi mirobolante ? Les acteurs étaient-ils tous milliardaires pour s’offrir de tels luxes ? Elle songea immédiatement à vendre tout son sang puis songea à Blanche qui commençait à gagner sa vie.

Les deux sœurs unirent leurs modestes avoirs pour réunir la somme et Shirley put jouer, elle put débuter.

Enfin ! Elle avait 21 ans, elle était presque vieille.


J’ignore si « One Night Before Christmas » lui rendit les 25$ investis, mais une chose est sûre, Shirley, devenue Shelley Winters ne révolutionna pas Broadway. Aucune planche ne brûla, aucun critique ne s’évanouit.

Elle enchaîna quelques rôles dans la même indifférence générale et résolut de changer son plan de carrière.

Elle était devenue Shelley Winters. Shelley en hommage à son poète préféré et surtout pour se débarrasser de Shirley, ce prénom maudit à tout jamais, attaché à la petite guenon hollywoodienne Shirley Temple.

Winters pour rendre à sa maman adorée un peu de la gloire qui aurait dû être la sienne à Saint Louis Missouri.


Si Shelley connaissait Shirley Temple, elle connaissait aussi Hollywood. Son climat ses villas, ses piscines et surtout son cinéma et ses stars. Certes notre héroïne préférait le théâtre. Mais elle aurait également préféré une louche de caviar et un vison à un hot dog et un imperméable.

Sa décision fut prise, il faudrait mettre les bouchées double, mais sous le soleil et devant les caméras. Hollywood n’avait qu’à bien se tenir, Shelley Winters allait y faire la révolution et devenir la plus grande de toutes.

Sa décision était prise, Sus à Hollywood.

Même s’il était arrivé à Shelley, cette chose inattendue et pourtant incontournable qui fit avorter tant de carrières ambitieuses qui finirent en pouponnant entre deux casseroles : Shelley avait rencontré l’amour.

Le jour de l’an 1942, elle épousait le capitaine Mark Paul Mayer.

Shelley avait déjà décidé de faire le grand saut, lorsqu’elle entendit elle aussi parler du fabuleux casting d’Autant en Emporte le Vent, alors entre les mains de Georges Cukor. De quoi impressionner les âmes sensibles, Cukor alors à Broadway et n’avait-il pas en son temps envoyé balader Bette Davis elle-même ?

Il en faut plus pour impressionner Shelley Winters. L’aspirante à la gloire s’inscrivit, remplit son soutien-gorge avec tout ce qui lui tomba sous la main et se présenta devant Cukor en chaloupant comme Mae West. Était-ce le même jour que sa voisine de Brooklyn, cette Edith Marrener qui avait maintenant le toupet de se faire appeler Susan Hayward ? En tous cas Edith fut plus chanceuse car elle au moins fut convoquée à Hollywood.

Cukor ne jeta pas Shelley dehors après s’être offert un magnifique fou rire, mais conseilla plutôt à la charmante effrontée d’apprendre à jouer, car être actrice, c’est d’abord et avant tout avoir un métier.

Shelley suivit ce précieux conseil, elle suivit tous les cours possibles et tant pis si pour les payer elle devait se priver du nouveau rouge à lèvres « Feu d’Artifice ».

Le temps passait, l’Amérique allait bientôt s’engager à son tour dans cette guerre qui ravageait l’Europe. Shelley en était malade. Mark allait partir, il allait se battre et peut-être mourir.

Mais elle aussi allait se battre. Car Mark Paul Mayer ne serait pas pour Shelley Winters ce qu’avait été Jonas Schrift pour Rose Winter !

C’est pourtant l’ambition de la jeune épouse qui détruira le couple plus sûrement que les dangers et l’éloignement de la guerre.

Non, elle n’allait pas enfanter, pouponner, cuisiner et astiquer le parquet. Elle allait être une star !

Lorsque la guerre fut terminée, Shirley avait réussi à décrocher un contrat plus que modeste chez Columbia où elle jouait les utilités blondes et tapageuses cantonnées uniquement dans les rôles de poules de saloon, les pépées de gangsters à chapeau feutre, de tapineuses et parfois de chanteuse de cabaret.

Mark revint sait et sauf, espéra que sa tempétueuse épouse qui avait déjà collectionné une jolie petite kyrielle de rôles mais bien moins de mentions aux génériques allait, avec son retour, se résoudre à abandonner ses rêves de gloire qui commençaient d’ailleurs à prendre la poussière à force de piétiner dans l’ombre du phare de la Columbia. Il fit des efforts et elle en fit,. Chaque jour il espéra qu’elle allait plutôt rôtir un poulet et lui apprendre qu’il serait bientôt papa. Mais chaque jour, Shirley rentrait dans sa gaine, bouclait ses longs cheveux blonds, collait ses faux cils, se tartinait de rouge à lèvres « Rouge Amour » et partait à l’assaut de la Columbia.

En vain. Ou presque.

En 1948, le coupe est pleine pour Mark qui somme Shelley d’enfin renoncer à sa carrière et de devenir une fois pour toute son épouse et uniquement cela. S’il l’avait fait plus tôt, sans doute Shelley y aurait-elle pensé à deux fois. Mais en 1948 elle n’y songea même pas. Elle avait fini par croiser à nouveau la route de Georges Cukor qui n’avait pas oublié la petite débutante qu’elle était huit ans plus tôt.

Huit ans passés à batailler, travailler, étudier, progresser et y croire tant et plus. Cela valait bien un petit coup de main.

Cukor offre à Shelley un rôle valable dans « A Double Life » où elle sera la maîtresse assassinée de Ronald Colman. Et même si le premier rôle féminin est dévolu à Signe Hasso, on ne vit que Shirley.

La demande de Mark venait un peu tard. Le couple divorça, Shelley en fut dévastée et n’allait jamais quitter son alliance jusqu’à la fin de sa vie. Un autre élément avait pourtant failli donner gain de cause à Mark.

Shelley avait accepté, ravie, de faire la tournée de lancement du film à travers tout le pays, sans très bien réaliser qu’elle acceptait un travail harassant. Cinq apparitions sur scène dans cinq cinémas différents par jour et des centaines de kilomètres à parcourir de nuit.

Shelley les aurait volontiers faits à pied et en chantant, si la réaction du public avait été différente. Elle n’était pas « standing lady » comme Rita Hayworth ou Lana Turner, et surtout comme l’espéraient les provinciaux. Ils rêvaient d’Hedy Lamarr, de Gene Tierney, de Laureen Bacall, ils avaient Shelley.

Chacune de ses apparitions fut accueillie d’une bordée d’injures grivoises, toujours salaces, parfois violentes et accompagnées de tonitruants fou rires. Elle entendit ces jours-là des injures que l’on n’aurait pas osé imaginer dans le pire bastringue de Brooklyn. Après chaque apparition elle s’effondrait en larmes dans sa loge avant d’être transportée dare-dare pour se faire insulter ailleurs. Des années plus tard, il lui suffisait d’évoquer cette expérience pour que les larmes jaillissent de ses yeux comme de deux écluses.

Avoir tourné pour Cukor un rôle intéressant ne fait pas forcément de vous une star richissime.

Shelley s’était offert un vison avec son cachet. Il fallait maintenant songer à se trouver un appartement le plus près possible des studios. Et à Hollywood les loyers sont chers.

Et même si, elle avait elle aussi croisé la route d’Howard Hugues, il ne l’installa malheureusement jamais dans un de ses multiples luxueux appartements.

Shelley croisa aussi la route d’une jeune actrice avide de gloire qui voyait systématiquement ses contrats abandonnés par tous les studios avec une régularité de métronome. Elle était plus jeune, plus mince et plus jolie que Shelley, mais celle-ci n’en était déjà plus à genre de vétilles.

Marilyn Monroe, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, était divorcée d’un pompier, Shelley d’un militaire, elles allaient cohabiter. Shelley commenta : « J’avais un vison, elle avait des bikinis, on faisait une bonne équipe, c’est tout ce dont on a besoin à Hollywood quand on est une actrice inconnue ! Les bikinis pour poser et le vison pour se faire inviter à dîner ! »

La légion de biographes qui se penchèrent tant et plus sur le « cas » Marilyn Monroe s’abstiennent généralement de s’épancher sur cette cohabitation. Pourtant, Shelley influença Marilyn au-delà du possible.

D’abord Shelley s’installa avec tout un tas de livres qu’elle considérait comme son bien le plus précieux, ce qui fascina immédiatement la jeune Marilyn que l’on ne verrait plus désormais sans un épais bouquin, signé d’un auteur français de préférence. Ensuite Shelley ne parlait que d’être « Une véritable actrice » et non une star de cinéma ce qui à tout prendre n’avait aucune importance. Puis elle jeta un œil sur les clichés de sa colocataire, lui demanda pourquoi elle s’obstinait à sourire comme Fernandel avec le nez plongé dans ses seins comme Lauren Bacall !

C’est Shelley qui l’incita à poser la tête penchée en arrière, lèvres entre ouvertes et yeux mis clos, ce qui allait bientôt devenir l’image de marque de la future star.

Marilyn et Shelley allaient rester des amies pour la vie et Marilyn serait à jamais fascinée par ce genre d’actrices intellectuelles et drôles qui peuvent aborder tous les rôles et négliger leur physique si elles en ont envie. Judy Hollyday et Simone Signoret réussiront à particulièrement la bluffer mais Shelley restera l'exemple.


En cette fin des années 40, si les choses marchent bien mieux pour Shelley que pour Marilyn, l’actrice est malgré tout insatisfaite. Apprendre c’est bien, mais montrer ce qu’elle sait faire, ça serait bien aussi. Et qui de plus est, son studio s’était mis en tête de faire d’elle une nouvelle Lana Turner ! Marilyn trouvait cela absolument fabuleux et en aurait roucoulé de plaisir si on lui avait demandé son avis, mais ce n’était pas le cas.

Shelley, par contre, faillit en mourir d’épouvante. Elle, une Lana Turner? Pourquoi pas une Betty Boop ? Il lui fallait sortir le plus vite possible du vernis « gorgeous » hollywoodien qui l’avait, un temps, flattée mais qui maintenant l’exaspérait souverainement et l’empêchait, en plus, de manger tout ce qu’elle voulait.

Lorsque le scénario de « A Place in the Sun » lui tomba sous la main, son sang ne fit qu’un tour, elle somma son agent de lui obtenir le rôle de la « fiancée pauvre moche et gluante ». Le pauvre homme tétanisé appela George Stevens qui lui répondit, hilare : « Winters dans mon film ? Mais vous rigolez ! Le personnage n’est pas une poule mais une fille ordinaire, Winters en brave fille ? Personne n’y croira ! ». Shelley faillit s’en étouffer de rage et assiégea à son tour George Stevens qui finit par lui répondre « Foutez-moi la paix ! » Ce fut la guerre.

Shelley sortit de sa garde robe ses fringues les plus moches, ce qui n’était pas un exploit car elle était la femme la plus mal habillée du monde. Elle se composa un visage, une coiffure, une allure et alla se planter près du bureau de George Stevens qu’elle attendit, assise sur un banc, triturant un minable sac à main.

Stevens la vit, engagea la conversation, lui demanda si elle était actrice, ce à qui elle répondit un « heu…ou…oui…oui… » Bredouillant tout en rougissant jusqu’à la racine de ses cheveux devenus blonds fadasse pour l’occasion.

Stevens fut convaincu, il avait trouvé son personnage lorsqu’il lui demanda son nom.

« Shelley Winters » répondit la triste créature sur son banc, le réalisateur faillit mourir d’apoplexie mais l’actrice eut le rôle.

Elle y fut prodigieuse, Elizabeth Taylor elle-même eut fort à faire pour captiver le public lorsque Shelley n’était pas à l’écran. Le film est une merveille, une des pépites du cinéma américain. Shelley Winters y est grandiose et fut nommée aux Oscar pour son rôle d’amoureuse enceinte et noyée, le tout grâce à Montgomery Clift. Le film rafla six Oscar, Montgomery Clift et Shelley furent nominés dans les catégories les plus prestigieuses de toutes, celles des meilleurs acteurs. Clift fut évincé par Humphrey Bogart pour « African Queen » et Shelley par Vivien Leigh pour « Un Tramway nommé Désir ».

On pouvait dès lors espérer Shelley sur la voie royale des plus grandes. Ne venait-elle pas de rivaliser aux Oscar avec Vivien Leigh, mais aussi Katharine Hepburn, Eleanor Parker et Jane Wyman ?

Elle tourna, certes, et beaucoup, parfois même des premiers rôles, mais le matériau qu’on lui donnait à défendre n’avait déjà plus rien à voir avec « A Place in the Sun ». Elle se sentit comme une vraie bête en cage à Hollywood et choisit de gagner l’Italie où en ces années 50 tout semblait se passer. Le film de Stevens ferait la biennale de Venise, elle sauta sur l’occasion.

On criait au génie devant Fellini, de Sica, Magnani, Loren et Lollobrigida aux pieds desquels Hollywood se traînait, pâmé d’admiration.

Shelley fit le chemin inverse et s’en alla jouer les américaines exilées du côté de Cinecitta. Là au moins on ne lui proposerait pas de westerns. Mais en fait de propositions fabuleuses qui feraient d’elle une Anna Magnani blonde et « ricaine », elle rencontra l’amour sous les traits inattendus de Vittorio Gassman.


Gassman profitait à l’époque d’une image de génie, il était beau, il était italien, comment aurait-il pu échapper à Shelley ? C’est un ami commun, Frank Latimore qui les présenta au cours d’un cocktail à Rome. Vittorio Gassman est une superstar en Italie. Il a tourné 67 films, joué plus de pièces encore et il est sans contestation possible de « beau gosse » de l’écran avec son physique athlétique et son mètre 87. Shelley, elle, est une actrice américaine de passage. Sans plus.

Pour lier conversation il lui dit à quel point il l’a admirée dans « A place in the Sun ». Et qu’il lui dise qu’il l’a trouvée adorable et tout à fait délicieuse aurait dû lui mettre la puce à l’oreille. Gassman n’a pas vu le film, il essaie d’être aimable. C’est tout.

Mais ces deux-là vont s’enticher l’un de l’autre et littéralement sombrer dans la passion.

Lorsque Shelley rentre en Amérique, son beau Vittorio l’accompagne.

Hollywood peu friand des mariages exotiques de ses vedettes qui rapportent toujours plus de scandales que de publicité flaire immédiatement la bonne affaire en voyant débarquer le bel Italien. Alors que Shelley bataille avec la presse : « Non, je n’ai pas ouvert les portes d’Hollywood à Vittorio Gassman, il est assez grand pour les ouvrir tout seul », L’acteur ne perd pas son temps.

Valentina Cortèse le présente au directeur du « Circle Théâtre » et Gassman le convainc d’accepter un récital de poésies italiennes. Pari gagné. Tout Hollywood est là, se presse, se pâme, applaudit à tout rompre chaque texte dont personne ne comprend un mot. Déjà Gassman est lancé sur son premier film : « The Glass Wall » où ce ne sera pas Shelley qui lui donnera la réplique mais Gloria Grahame.


Le couple se maria, ce qui stupéfia le monde, en Avril 1952 et d’emblée leurs disputes homériques passionnèrent la planète.

En 1953, le 14 Février, Shelley était maman d’une petite Vittoria.

En 1954 ils divorçaient.

Le seul film qu’ils avaient tourné ensemble, « Mambo », n’était pas encore sorti sur les écrans. « Mambo » où le rôle de la bellissima est dévolu à Silvana Mangano et non à Shelley.

Le mariage de Shelley Winters et Vittorio Gassman, pour avoir été plutôt bref, n’en fut pas moins passionnant et compte avec ceux d’Elizabeth Taylor, Lana Turner, Marilyn Monroe, ou dans un autre genre ceux de Grace Kelly ou Jackie Bouvier-Kennedy-Onassis parmi les plus passionnants du siècle.

Le phénomène attira sur Gassman tous les égards d’Hollywood qui allait même lui confier un rôle au côté d’Elizabeth Taylor en personne .

Shelley divorcée rentra à Hollywood, nullement marrie de sa mésaventure conjugale, déclarant à la presse : « J’adore les hommes italiens, comme Marilyn Monroe ! ».


A peine débarquée, Shelley s’était ruée sur Charles Laughton, toujours avide de perfectionner son art, car le distingué acteur british dispensait des cours.

Elle fut fascinée et…fascina tout autant, car Laughton lui confia un des principaux rôles du seul film qu’il ne mit jamais en scène : « La Nuit du Chasseur » où elle fut inouïe face à Robert Mitchum qui livrait là la plus sensationnelle performance de toute sa carrière.

Shelley, pour la seconde fois, attachait son nom à un titre de légende. Ce n’était certes pas la dernière. Le film ne connut pas en son temps le succès commercial qu’il méritait, mais au fil du temps il sera redécouvert, compris, admiré, et finalement considéré comme un chef d’œuvre absolu.

Hélas pour Shelley, en 1955 le film ne lui apporta pas plus de prestige professionnel que si elle avait tourné « Godzilla contre la femme nénuphar », seuls les plus fins observateurs lui firent remarquer que c’était déjà la deuxième fois qu’elle finissait au fond de l’eau.

On se passionna donc plus à l’époque pour la vie sentimentale de Shelley, et avec qui de ses anciennes amours allait-elle donc bien pouvoir renouer après l’épisode conjugal italien ?

Burt Lancaster ? William Holden ? Marlon Brando ou Farley Granger que Gassman avait détrôné ? La réputation de Shelley était maintenant bien établie à Hollywood. Elle permettait à une Bette Davis de s’exclamer « Mais ? Y a-t-il encore quelqu’un avec qui Shelley Winters n’a pas couché ici? " Seuls les plus fins observateurs se demandèrent si elle faisait partie du lot.

Shelley, rarement là où on l’attend stupéfia tout le monde, y compris Bette Davis en repiquant au jeu du mariage italien. Après Vittorio Gassman, ce fut le tour d’Anthony Franciosa que Shelley épousa le 4 Mai 1957. Ce mariage là fut plus tempétueux encore que le précédent et le couple devint la mascotte des feuilles de choux à scandale. Le 18 Novembre 1960 le couple était divorcé. Anthony Franciosa pourtant jaloux comme un tigre l’avait ouvertement trompée avec Ava Gardner, et le temps de faire amande honorable et de promettre de ne plus recommencer, il avait remis le couvert avec Silvana Mangano, la partenaire de Shelley dans « Mambo ».

Entretemps Shelley était devenue une actrice Oscarisée ; et cet Oscar, d’ailleurs, pesa lourd sur la vie conjugale de l’actrice. Hollywood préparait la version filmée du « Journal d’Anne Frank » que l’on prédisait destiné à devenir un chef d’œuvre, d’autant que c’est la délicieuse Audrey Hepburn qui allait prêter ses traits délicats à la petite Juive victime de la fureur nazie.

Mais des groupes extrémistes se ruèrent sur la délicate comédienne, les menaces suivirent les insultes puis elles s’aggravèrent. Audrey ne voulut rien savoir, elle ne céda pas. Elle serait Anne Frank, elle n’allait pas à son tour céder à la fureur des imbéciles. Mais les menaces devinrent si sérieuses, et surtout si précises que les assurances refusèrent de couvrir le tournage et qu’Audrey, à sa grande fureur, fut dessaisie du rôle par son studio.

Il fut alors beaucoup question de Susan Strasberg qui avait mené la pièce au triomphe, mais finalement le rôle échut à la charmante Millie Perkins, essentiellement parce qu’elle ressemblait à…Audrey Hepburn.

Le film ne fut pas un triomphe.

Long et confiné dans un espace réduit, il était relativement ennuyeux ; et après les extrémistes fustigeant une non juive pour avoir voulu incarner le symbole même de la souffrance du peuple juif, ce furent les Juifs qui fustigèrent Millie Perkins pour avoir osé personnifier une juive sans en être une ! Bref, on était déjà aussi cons en 1959 qu’un demi -siècle plus tard, et Shelley dans son rôle de Petronella van Daan emporta tous les suffrages et l’Oscar du meilleur second rôle dans la foulée.

On s’amusa de la similitude entre les deux actrices lauréates, car c’est Simone Signoret qui cette année là triomphait dans la catégorie meilleure actrice.

On remarqua aussi que monsieur Franciosa n’était pas présent.

Shelley, enfin sacrée reine d’Hollywood par ses pairs rentra chez elle avec son sceptre flambant neuf, elle trouva Franciosa allongé sur son lit, le nez plongé dans un bouquin. Il ne leva même pas les yeux lorsqu’elle lui déclara « Regarde, j’ai gagné l’Oscar ». Elle sut dès cet instant que c’en était fini de son mariage. La rivalité au sein des couples d’acteurs avait eu raison de son union comme de tant d’autres. Et pour Shelley, en plus, le mari était Italien. Un Italien qui avait fait de la jalousie un art de vivre.


Shelley offrit son Oscar à Otto Frank, le père d’Anne Frank, seul survivant de sa famille après l’holocauste et la statuette s’en alla vers Amsterdam pour honorer le musée « Anne Frank ».

L’Oscar de Shelley fait toujours partie de la collection permanente du musée ; certes un peu terni mais toujours bien présent.

Divorcée, Shelley s’en alla vers d’autres amours et d’autres films sans intérêt en attendant le prochain chef d’œuvre, et pour une fois…Il ne tarda pas trop.

Elle allait devenir pour Stanley Kubrick une des protagonistes du film scandale « Lolita » qui finit par devenir un véritable phénomène de société.

Si « Le Journal d’Anne Frank » provoqua un certain tollé, Lolita bouleversa la planète entière et provoqua une onde de choc qui dura bien une décennie.

Le film, soudain mettait la « teenager » à la mode aux USA.

En France le cinéma avait déjà découvert l’affriolante pucelle dans les remous de la nouvelle vague qui ne rechignait pas sur le fruit vert. Le cinéma mondial passa en mode « nymphette ». Une actrice était vieille à vingt ans, et à trente, une momie répugnante. En ces temps immémoriaux où l’on n’avait pas encore découvert le numérique, le train à grande vitesse et le téléphone cellulaire, le temps de tourner un film et de se contorsionner en bikini sur les plages du festival de Cannes, les « carrières » les plus prometteuses étaient déjà terminés pour cause de majorité !

C’est le moment que choisit Marilyn Monroe pour tirer sa révérence définitive, elle qui symbolisait la veille encore la quintessence de la féminité absolue aurait soudain fait figure de relique inmontrable après la sortie du film de Kubrick.


Bien sûr on rit un peu de ces actrices furieusement scandaleuses, trop jeunes encore pour avoir le droit d’aller au cinéma voir leurs propres films, mais enfin…Les temps avaient changé. En une nuit. Celle de la première du film.

Shelley, avec James Mason, Peter Sellers et Sue Lyon, la « lolita » en question avait participé à ce nouveau bouleversement.


Elle mourrait à nouveau dans le film, et si cette fois elle ne se noyait pas, il pleuvait quand même furieusement sur son cadavre !

Le film provoqua un tollé ahurissant, mais les dollars coulèrent à flots dans les caisses. La starlette en bikini devenait comme je l’ai dit le symbole de la décennie et Shelley, cette fois, avait bétonné les assises son trône parmi les plus grandes stars du cinéma mondial.

Elle pouvait maintenant se laisser grossir, jusqu’à devenir une caricature d’elle-même, frôler tous les excès à l’écran, et s’adonner enfin à ses passions personnelles autres que les galipettes sentimentales.

Elle devint à son tour un éminent professeur de cinéma, dévoilant les arcanes de son art à des troupeaux d’élèves subjugués qu’elle appelait tous « Honey ».« Tant que leur nom ne méritait pas d’être retenu » ! Après avoir tellement hanté l’Actor’s Studio », maintenant elle y professait.

Elle se jeta avec fureur et convictions dans les causes qu’elle souhaitait défendre, et estima qu’elle avait assez fait de courbettes pour le reste de sa vie.


Désormais Shelley ne s’en laissa plus compter. Ses opinions tranchées et son langage plutôt direct et fleuri firent bientôt partie de sa légende. Un pauvre type la voyant se goinfrer de hot dog sur un plateau lui dit « Vous ne craignez pas d’encore grossir, Shelley ? » Shelley Winters le toisa, ôta la saucisse de son hot dog et lui écrasa le pain enmoutardé sur la figure. Elle faisait enfin, après vingt ans d’une lutte acharnée, partie de la légende d’Hollywood. « De son folklore » estimèrent certains.

Elle allait donc une fois encore gravir un sommet, relever un nouveau défi, celui de faire partie du cercle très fermé des actrices deux fois oscarisées, et ce, en un temps où cette chose ne se distribuait pas comme des chocolats à Pâques.

En 1965, après avoir déjà joué quelques ogresses et autres épaves hautes en couleurs comme en pathétique, Shelley rafle à nouveau l’Oscar du meilleur second rôle pour « A Patch of Blue », et ce dans un rôle pourtant hautement improbable.

Elle joue une prostituée vulgaire et replète, vivant avec un alcoolique et sa fille qu’elle a rendue aveugle elle-même. Sa fille ayant grandi, bien que n’y voyant pas tripette, Shelley songe sérieusement à la flanquer sur le tapin, lorsque le scandale éclate dans la famille. Ne voilà-il pas que cette petite dinde s’amourache de Sydney Poitier ? Un noir, donc ! Car oui, Shelley est aussi une fieffée raciste, pourquoi se gêner? Au point où on en est. Avec un tel personnage dans un tel scénario, elle rafla quand même l’Oscar ! Elle évinçait Ruth Gordon, Maggie Smith, Peggy Wood et Joyce Redman !

« A Patch of Blue » est devenu assez difficile à visionner aujourd’hui, sans doute à cause de son sujet sans doute un peu désuet.

En tout cas, il fait rarement partie des programmes télévisés de Noël.

On a bien tenté de coloriser la chose pour lui donner un côté un peu plus festif, mais le résultat plus effrayant encore, car le tout avait pris une très élégante couleur « carton de déménagement » qui aurait réussi à enlaidir même un dragon du Komodo.

Shelly fut ravie d’être pour la seconde fois couronnée par ses pairs et déclara que celle fois-ci elle garderait son Oscar pour elle et qu’il irait rejoindre ses chers livres dans sa célèbre bibliothèque.


A Hollywood comme ailleurs le temps passa et les bouleversements sociaux amorcés avec Lolita continuèrent dans ce qui sembla alors une spirale infernale. Dorénavant la drogue, la violence et l’érotisme seront les sujets de prédilection de la génération montante et donc du public des cinémas.

La vieille garde se déclara outrée, monta au créneau contre cette jeunesse dévoyée et mal peignée. Joan Crawford, Ginger Rogers ou Mae West se drapèrent dans des dignités offusquées bordées de renard blanc, mais Shelley ne fit pas partie du clan des offusqués, elle n’y songea même pas. On avait voulu la liberté, on l’avait, de quoi se plaignait on ?

On se promenait nus dans les rues de New-York ? Et alors ? Elle se souvenait bien trop des souffrances endurées dans les corsets des années 50 pour maintenant se désespérer sur le sort d’un soutien-gorge en feu (car oui, on brûlait les soutien-gorge !) D’ailleurs si elle avait eu encore vingt ans et cinquante kilos de moins…

Les excès finirent par passer de mode eux aussi. Shelley s’était bien amusée, elle avait tourné une myriade de films de plus en plus insensés, atterrissant dans des films d’épouvante de centième catégorie, financés par l’industrie du cinéma pornographique et directement parachutés dans le circuit vidéo. Mais elle s’en fichait.

D’ailleurs les voyait elle, ou en avait-elle seulement lu le scénario ? J’en doute.

Elle les tournait. C’est bien assez.


Mais un dernier grand triomphe l’attendait.

Après l’escalade de la violence, le cinéma chercha de nouveaux horizons à explorer, et tant qu’on y était de nouveaux filons pour remplir les caisses car la crise était grave.

Les grands studios n’existaient plus, on les avait jugés démodés et leurs films superficiels et théâtraux. Mais avec les années 70, un vent de nostalgie souffla sur le monde et sur le cinéma en particulier.

Oui, Betty Grable et Marilyn manquaient à tout le monde.

Oui, on voulait revoir le « Bal des Sirènes ».


Hollywood mit alors les petits plats dans les grands, débloqua des budgets encore jamais vus qui auraient fait passer celui d’autant en emporte le vent pour celui d’un pique-nique de patronage.

Ce fut le cinéma catastrophe.

« La Tour Infernale », « Tremblement de Terre », « 747 en péril » et surtout « L’Aventure du Poséidon », sans doute le plus réussi et le plus rentable de tous.


Shelly en fut. Dans un second rôle encore, et cette fois encore elle se noyait. Ou plus exactement elle succombait à un accident cardiaque après avoir nagé sous l’eau dans un paquebot à l’envers.

Ce fut à nouveau la voie royale des Oscar. Pour la quatrième fois de sa longue carrière, Shelley était nommée. C’est Eileen Heckart qui la supplantera pour « Les Papillons sont Libres ».


Shelley tournera encore, follement, passionnément, essentiellement des seconds rôles, certes, mail il semble qu’elle ait été plus active encore dans les années 70 qu’aux heures les plus glorieuses de sa gloire.

Ses cours étaient maintenant follement prisés, elle ne détestait pas travailler pour la télévision qui avait maintenant des projets aussi ambitieux et prestigieux que ceux du cinéma d’autrefois. Comme cette vie d’Elvis Presley mise en scène par John Carpenter avec Kurt Russell dans le rôle titre et Shelley dans celui de sa mère Gladys.

Shelley Winters était maintenant une icône incontournable, adorée du public et elle s’était offert une bien agréable aventure avec un petit jeune qui promettait, un certain Robert de Niro.

Elle se fendit d’une épaisse autobiographie où elle s’épancha à foison sur ses nombreuses aventures masculines et déclara à la sortie du livre « Je dois m’atteler au deuxième tome, il manque encore beaucoup de monde ! » Clark Gable, Marlon Brando, Burt Lancaster ou Errol Flynn y étaient déjà abondamment représentés. Et ceci bien que dans sa vie privée elle ait enfin trouvé un bel équilibre avec Gerry DeFord.

Le couple entama sa longue liaison en 1987, elle allait durer 19 ans à l’abri des curieux mais sans la bénédiction de Vittoria, la fille de Shelley.

Gerry était le chauffeur et l’homme a tout faire de Shelley lorsque leur histoire a commencé.

Vittoria fit promettre à sa mère qu’elle ne légaliserait jamais sa relation avec Gerry DeFord et Shelley tint parole…Jusqu’au dernier jour de sa vie.


Elle épousait Gerry DeFord sur son lit d’hôpital, quelques heures avant la fin de son aventure terrestre.

C’était le 14 Janvier 2006, Shelley avait 85 ans.

On ne l’avait plus beaucoup vue à l’écran après 1995.

Sa santé avait décliné et elle se déplaçait essentiellement en fauteuil roulant.

En 1999 pourtant, elle effectuait son dernier baroud d’honneur.

Son cher, son tendre Vittorio Gassman l’avait sollicitée pour qu’elle accepte de jouer avec lui et avec son fils Alessandro dans un film italien.

Comment Shelley aurait-elle pu refuser ?

Celine Colassin

QUE VOIR ?

1943 : There is Something’s About a Soldier : Une première apparition de Shelley dans les ombres de Tom Neal et Evelyn Keyes.

1944 : Dancing in Manhattan : Ce film de la Columbia qui mettait en vedette Ann Savage semble avoir complètement disparu.

1944 : Together Again : l s’agit en l’occurrence du couple Irène Dunne-Charles Boyer.

1944 : She’s a Soldier Too : Beulah Bondi et Nina Foch sont à l’armée et voilà tout.

1945 : Tonight and every night : Comédie musicale destinée à faire briller l’étoile Rita Hayworth.

1946 : Susie Steps Out : Encore un film méconnu avant d’être disparu,

1946 : Abie’s Irish Rose : Cette foi c’est Joanne Dru qui se pavane en haut de l’affiche.

1947 : New Orleans : Billie Holiday et Louis Armstrong.

1947 : Double Life : Ronald Colman campe ici un acteur souffrant d’un dédoublement de personnalité et se prenant pour Othello

1948 : Red River : Un western qui mettait en vedette John Wayne et Joanne Dru,

1948: Cry of the City: Shelley entre Victor Mature et Richard Conte.

1949 : Take one False Step : Shelley prend encore du galon puisque la voici en vedette face à William Powell que l’on finit par accuser de son meurtre.

1950 : South Sea Sinner : Un des premiers films de Shelley « grande vedette »

1950 : Frenchie : Rôle-titre pour Shelley qui incarne cette Frenchie Fontaine qui vend tout ce qu’elle possède à la Nouvelle Orléans pour s’enfoncer dans l’Ouest hostile pour retrouver les assassins de son père.

1951 : A Place in the Sun : Première nomination aux Oscars.

1951 : Behave Yourself : Une comédie gentillette sans grande envergure

1952 : Phone Call from a Stranger : Shelly vient mettre un peu d’ambiance dans un couple qui n’en manquait pourtant pas, celui de Bette Davis et Gary Merrill.

1952 : My Man and I. Avec Ricardo Montalban et Claire Trevor

1954 : Playgirl : On dirait « L’invitée » de Simone de Beauvoir, version bastringue.

1954 : Tennessee Champ : Après une absence de 15 mois, Shelley revient aux écrans et ne trouve à se mettre sous le talent qu’un petit film de série B chez M.G.M.

1954 : Saskatchewan : Shelley, seule créature au milieu des durs de l’écran dont Alan Ladd et Hugh O’Brien.

1955 : The Treasure of Pancho Villa : Un western dont il ne faut rien espérer.

1955 : La Nuit du Chasseur : Le chef d’œuvre absolu de Charles Laughton.

1955 : The Big Knife : Shelley n’y a qu’une scène pour se défendre.

1955 : I am a Camera : Autre projet de grand prestige pour un grand ratage

1959 : Le Journal d’Anne Frank : Le rôle qui vaudra son premier Oscar à Shelley.

1959: Odds against Tomorrow: Shelley Winters et Gloria Grahame dans un même film.

1963 : Le Balcon : A sa sortie le film créa la polémique. Il y avait ceux qui aimaient et ceux qui haïssaient. Le film reste en tous cas une bonne occasion de retrouver Peter Falk ailleurs que dans la vieille 403 de Colombo

1964 : Gli Indifferenti : Shelley retrouve sa chère Italie et s’oppose à la très belle Claudia Cardinale

1965 : A Patch of Blue : Shelley va recevoir son second Oscar pour ce film.

1965: La Plus Grande Histoire Jamais Contée : Max Von Sydow tient le rôle de Jésus au côté de…Carrol Baker !

1966 : Alfie : Un film culte du « swinging London » où Michael Caine en « Alfie le dragueur » est époustouflant.

1968 : The Scalphunters : Burt Lancaster, trappeur de son métier se fait chouraver toutes ses peaux par des indiens.

1968: Wild in the Streets: Avec Diane varis et Millie Perkins

1969 : Buona Sera Mrs Campbell : Shelley n’a qu’un court rôle de brave épouse américaine dans cette comédie fort moyenne dédiée entièrement à la beauté de Gina Lollobrigida.

1969 : The Mad Room : Petit film d’horreur sans grande ambition.

1970 : I Do I Love Thee ? : J'ignore complètement à quoi pouvait bien ressembler ce film.

1971 : What’s the Matter with Helen: Le suspens aurait dû être haletant et nous clouer sur nos fauteuils de spectateurs.

1972 : Whoever Slew Auntie Roo ? Librement inspiré d’Hansel et Gretel, Shelley est une épouvantable ogresse qui invite les petits orphelins pour Noël mais vit avec la momie de sa petite fille dans son grenier.

1973 : l’Aventure du Poséidon : Le plus culte de tous les films catastrophe

1974 : Blume in Love : Shelley, rescapée du Poséidon affronte George Segal et Kris Kristofferson

1975 : That Lucky Touch : Coproduction anglo-allemande qui misait sur le nom de Roger Moore alors en pleine starisation en haut de l’affiche.

1975: Poor Pretty Eddie: Shelley se déchaîne dans le film d’épouvante

1976 : Le Locataire : Shelley chez Polanski en compagnie d’Isabelle Adjani

1978 : King of the Gypsies : Le rôle titre est tenu par un vétéran en la personne de Sterling Hayden.

1979 : Stridulum : La furieuse tendance qu’eurent les plus glorieuses célébrités de l’âge d’or hollywoodien d’aller s’achever dans le cinéma d’épouvante n’est plus à souligner.


1981 : S.O.B : Shelley embarquée dans une comédie de Blake Edwards.

1981 : Looping : Une amusante incursion de Shelley dans le cinéma allemand.

1984 : Over the Brooklyn Bridge : Shelley, charcutière juive à Brooklyn est la mère d’Eliott Gould.

1985 : Déjà Vu : Shelley vieillissante et passionnée par son métier ne se décide pas à raccrocher

1986 : The Delta Force : Voici Shelley entre Lee Marvin et…Chuck Norris.


1990 : Touch of a Stranger : Ce film semble s’être volatilisé dans les méandres de l’oubli.

1994 : Il Silenzio dei Prosciutti : N’oublions pas que Shelley est une star grandissime en Italie, qu’elle a été madame Gassman et madame Franciosa et qu’elle a donné la réplique à Silvana Mangano soi-même ! Cela valait bien qu’on la retrouve dans un pastiche potache du « Silence des Agneaux » mâtiné de « Psychose ».

1995 : Jury Duty : Une comédie assez pitoyable, reconnaissons-le.

1996 : The portrait of a lady : Shelley chez Jane Campion avec Nicole Kidman.

1999 : Gidéon : Il est des castings qui laissent perplexes. Celui-ci réunit Christophe Lambert et Charlton Heston.


LES FILMS QUE VOUS NE VERREZ PAS (Avec Shelley Winters)

The Glass Wall : C’était le premier film américain de Vittorio Gassman que Shelley avait ramené dans ses bagages à Hollywood. Mais elle eut beau hurler, tempêter, menacer, la Fox ne voulait que Jean Wallace dont on ne savait que faire depuis des années. Lorsque Jean déclara qu’elle ne voulait ni du film ni du rôle ni de l’acteur on offrit le rôle à Gloria Grahame.


First Wife : En Novembre 1962 on annonce à grand fracas ce film « très attendu » pour 1963. Van Johnson y donnera dit-on la réplique à Shelley Winters et Martha Hyers.


La Nuit de l’Iguane : John Huston avait choisi Shelley pour tenir ce pitoyable hôtel mexicain hors saison et se baigner la nuit avec ses boys, mais Shelley renonce au rôle pour pouvoir tourner « Le Balcon ». Vient alors Ava.



 
 
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