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SYLVA KOSCINA

il y a 5 minutes
17 min de lecture

 

Sylva Koscina fut véritablement une très grande vedette internationale et mérite amplement sa place parmi toutes les grandes figures féminines du cinéma populaire.

Pourtant, lorsque l'onse souvient de cette très belle et très grande vedette, on ne peut s’empêcher de penser à un monumental gâchis. L’actrice n’a eu de cesse de se fourvoyer, se contredire et pour tout dire saboter sa propre carrière.

 

Sylva Koscina bien conseillée, bien dirigée et agissant avec plus de discernement aurait pu prendre place parmi les plus illustres de toutes. Prenons-en pour preuve que ses films sont aujourd’hui devenus presque impossibles à voir sauf quelques films de ses débuts où elle tient encore des seconds rôles comme dans « Le Masque de Fer » ou « Michel Strogov ». 

 La télévision ne les diffuse pas, on ne prend pas la peine de les éditer en DVD et soyons en sûrs, ils ne feront jamais partie du catalogue d’aucune cinémathèque fût-elle au Groenland ou au Zimbaoué !

 

Par contre on en trouve facilement en intégralité sur youtube. La raison en est simple, aucun ayant droit n’a pris la peine de renouveler sa propriété sur les « œuvres » où paraît Sylva. Ça n’en valait pas la peine. Ces films sont donc « libres », personne ne les revendique, et en écrivant « libres » je pense « abandonnés ». 

Il n’en va pas de même avec les films de Katharine Hepburn, Constance Bennett, Marilyn Monroe ou même de Diana Dors pourtant souvent antérieurs aux siens.


Sylva Koscina fut pourtant une énorme vedette durant près de quarante ans, beauté incontestée sous une foutitude de perruques, gloire mondiale et quarante années d’erreurs…Ou presque.

 

Le 2 Août 1933, Sylva Kosnikan future Koscina naît à Zagreb, en Yougoslavie. Un pays tout neuf qui n’existe officiellement que depuis le 6 Janvier 1929 puisqu’auparavant il s’agissait du « Royaume des Serbes, Croates et Slovènes », monarchie fondée par Pierre 1er de Serbie.

Sylva Koscina naissant aujourd’hui, elle serait Croate.

En 1945, après la guerre qui fut particulièrement terrible en Yougoslavie, Sylva et sa grande sœur furent ensevelies sous les décombres d’un bombardement allié en 1942. La Croatie étant alors du « mauvais côté », la famille de Sylva émigre en Italie et s’installe à Naples. 

C’est là que Sylva grandit en beauté et en intelligence. Elle est inscrite à l’université car elle compte devenir physicienne et a toutes les qualités intellectuelles requises pour y arriver. 

L’été 1954 change la donne. Elle se déplace à Rome, devient « Miss di Tappa » et fait la une de tous les journaux en embrassant le grand vainqueur du « Giro d’Italia », Carlo Clerici. 

La photo fait le tour de la planète car ce jeune cycliste a battu l’icône Fausto Coppi.

En 1954, l’évènement est planétaire !

Il n’en faudra pas plus pour qu’une agence de mannequins invite cette brunette aux cheveux courts mais aux yeux de chat à faire parie de son cheptel de jeunes beautés.

  

Le temps de quelques clichés, c’est le réalisateur Pietro Germi qui trouve enfin la trace de « la fille du Giro » qui l’obsède depuis qu’il a vu, lui aussi les photos du vainqueur Carlo Clerici dans les bras d'une sublime inconnue. Le réalisateur veut se mettre en scène et tenir la vedette de « Il Ferroviere » avec Luisa Della Noce. Il souhaite confier à l’inconnue le soin d’incarner sa fille à l’écran. 

Le film étant un peu long à préparer, Sylva fourbit ses armes en apparaissant avec l’icône nationale Toto dans une courte scène de « Siamo Uomini o Caporali ».


Lorsque le film de Pietro Germi sortira à son tour, le public italien découvrira, sidéré, Sylva Koscina, jeune actrice ressemblant de manière foudroyante à Sophia Loren. Quant à ceux qui l’avaient vue, un peu ronde et mal dégrossie dans le film de Toto, ils ne voulurent pas croire qu’il s’agissait là de la même Sylva Koscina.

 

La Sylva nouvelle version a les cheveux de Sophia, les yeux de Sophia, la bouche de Sophia, elle marche comme Sophia, bouge comme Sophia, joue comme Sophia…ou presque.

Sophia Loren est l’idole de la jeune yougoslave, elle est plus que son idole, elle est son mentor, elle l’adore et la vénère et donc s'en inspire pour ne pas dire qu'elle la copie. En réalité, elle la plagie.

 

Le plus beau jour de sa vie sera probablement celui où elle signe un contrat avec…Carlo Ponti, monsieur Sophia Loren en personne et accessi-oirement producteur surpuissant qui prend les rênes de sa carrière en mains.

Comme il l’a fait pour Sophia, il la distribue aussitôt dans une grosse production internationale : « Michel Strogov » avec Curd Jurgens l’Allemand et Geneviève Page la française. 

Plus que le contrat, plus que le rôle, c’est d’avoir rencontré Sophia qui la transporte de joie.

Sophia qui l’apprécie, la trouve jolie, intelligent été bien élevée et surtout qui lui prodigue quelques conseils en passant. Conseils qui seront pour Sylva Koscina une règle de vie, la base même de son existence, son sacerdoce, sa religion. 

Sylva Koscina ne peut littéralement rien faire sans l’assentiment du couple Ponti.

Lorsqu’en 1958, le couple part pour Hollywood, Sylva Koscina, déjà célèbre, elle a tourné huit films, clame sur tout les toits son désarroi complet, se déclarant abandonnée par le couple Ponti.

  

Sous l’égide du producteur, sa carrière a pris une envolée internationale. Michel Strogov l’a faite connaître partout et elle a été sollicitée pour la première fois par le cinéma français qui la distribue dans un film du tandem Poiret-Serrault : « Le Naïf aux Quarante Enfants ». 

 Ce n’est pas ce film idiot qui fera d’elle une icône du septième art, mais en Italie elle tourne pour Dino Risi et Luigi Comencini !

Bientôt Fellini lui-même fera appel à ses gracieux services.


Et puis, la belle abandonnée oublie de dire que Carlo Ponti lui avait dégotté un impresario en la personne de Castilli qui la fera tourner sans relâche « à l’international » comme on disait à l’époque et qui, accessoirement, lui servira de fiancé de nombreuses années. 

En 1958, l’année de « l’abandon », Sylva Koscina tourne neuf films en vedette.

Le couple Ponti exilé à Hollywood, Sylva Koscina va de plus en plus se calquer littéralement sur Sophia Loren. Dans les années 60, ce sera du mimétisme.

 

Comme Sophia elle adopte un maquillage des yeux très étiré vers les tempes, une coiffure sophistiquée qu’elle gardera durant plus de vingt ans sans en changer une seule bouclette synthétique, aimant poser dans un luxe ostentatoire et couverte de fabuleux bijoux.

Bijoux souvent prêtés pour la photo contrairement à son illustre modèle qui possède un arsenal de pierres précieuses en tout genre !

        

Habillée très « dame », parfaitement bijoutée, Sylva Koscina va s’engluer dans son image « SophiaLorenisée » aussi sûrement que Jayne Mansfield dans le moule Marilyn Monroe. 

Bientôt elle n’acceptera plus que les rôles qu’elle estime convenir à son statut et à sa dignité.

Les rôles que Sophia aurait pu tenir.

Ceux de femmes richissimes parfaitement coiffées et habillées dernier cri pour milliardaires, plongée au cœur d’un aventure qui lui importe peu tant que son personnage a un vison, une Rolls, un yacht et tant qu’à faire une couronne de premier rôle.


Sylva Koscina veut jouer au cinéma ce que Sophia Loren est dans la vie et elle aurait probablement préféré sauter par la fenêtre que de jouer « La Ciocciara » ! Une Sylva en paysanne loqueteuse ? Jamais !

 

Elle acceptera de tourner un nombre incalculable de films allant du navet ennuyeux à la pire atrocité du jour simplement parce que le personnage qu’on lui confie correspond à ses critères et qu’importe le scénario, le metteur en scène et ses partenaires. D'abord son coiffeur, son maquilleur, ses créations haute couture. 

Je reste persuadée que si l’actrice avait lu les scénarii au lieu de se contenter des caractéristiques de ses personnages, elle n’en aurait pas tourné le quart !

  

Sylva Koscina donne une image d’elle-même follement bourgeoise, et parfois se croyant dans « Mariage à l’Italienne » elle joue les napolitaines au sang chaud, poursuivant son petit ami du jour tout autour du plateau entre chaque prise pour lui flanquer des coups de sac à main ou de talon aiguille. 

Toute à sa préoccupation personnelle, Sylva Koscina voit néanmoins sa carrière s’envoler et elle accède au statut de vedette de premier plan, elle est une des actrices les plus sollicitées des années 60.

Les raisons sont multiples.

 

Tout d’abord les années 60 sont vraiment les années Sophia Loren et de nombreux scénarii sont écrits pour elle. Très pointilleuse et moins prolifique que Sylvia, la star en refuse énormément. 

Sylva Koscina ayant les mêmes caractéristiques que Sophia et une excellente cote au box office international, il est normal que bon nombre de ces scénarii lui soient proposés tout comme certains écrits pour Gina Lollobrigida, Brigitte Bardot ou Jane Fonda. Non seulement ces stars sont plus difficiles que Sylvia mais elles sont bien plus chères ! 

C’est dont du bénéfice net d’autant que les années 60 sont les années des grandes coproductions internationales et que si Sylva Koscina n’est pas une superstar elle est une vedette partout. Elle est « bankable » en Italie et en Espagne mais aussi en France en Angleterre et en Amérique, ce qui lui permettra de donner la réplique a quelques très grands noms comme Paul Newman ou Ray Milland.

  

Sylva Koscina, on le sait, ne tourne certes pas que des chefs d’œuvres, elle n'en tourne pas. du tout. Mais quand on aligne au grand minimum cinq ou six films par an, c’est bien le diable s’il n’y en a pas un ou deux qui font un succès. D’autant que sous l’impulsion de la nouvelle vague qui fait tache d’huile, on est beaucoup plus conciliants sur la qualité des films dans les années 60 que dans les années 50.

  

Et puis Sylva ne perd pas de vue que Sophia Loren est peut-être une star bijoutée et griffée Dior mais qu’elle est aussi un des plus éblouissants « Sex Symbol » de son temps, sa voluptueuse poitrine étant au moins aussi célèbre et emblématique que celles de Jane Russell, Gina Lollobrigida, Brigitte ou Marilyn.

 

Sylva n’a pas les mêmes avantages que Sophia, mais elle ne déteste pas jouer la carte érotique de la provocation tout en déclarant à la presse : « C’est vrai que je reçois des milliers de lettres d’admirateurs par semaine mais au moins 97% sont des lettres de femmes. Elles m’apprécient beaucoup sans doute parce que j’ai une beauté plus douce et surtout moins ravageuse que celles de Brigitte Bardot ou Marilyn Monroe. Elles me considèrent comme une amie, une conseillère ou une confidente plutôt que comme une rivale. Elles m’écrivent pour me demander des conseils beauté ou pour me féliciter de mes progrès au cinéma, j’avoue que je préfère ça aux lettres d’insultes ou de pervers ! ». 

Plus tard elle revendiquera haut et fort avoir été la première grande star internationale à avoir posé intégralement nue. Même si le titre lui était disputé dans les mêmes termes par Elke Sommer, Sella Stevens et Carrol Baker, ces dames rayant les noms de Brigitte Bardot et Marilyn Monroe des anales du naturisme. Toutes avaient d’ailleurs été devancées par de bien nombreuses autres illustres comme Louise Brooks, Norma Shearer, Jean Harlow, Joséphine Baker, Martha Mansfield, Joan Crawford, Norma Shearer ou Barbara Stanwyck

  

Miss Sylva Koscina durant toutes les années 60 est une vedette internationale sillonnant le monde de tournage et tournage, parfaitement consciente de son statut et des égards qui lui sont dus. Eternellement fiancée à son imprésario, elle fait savoir aux paparazzi où elle séjourne durant ses vacances puis joue à se cacher des photographes indiscrets.

Sylva estimant nécessaire de faire suivre quelques communiqués à la presse:

« Les prétendues révélations de la presse sont ridicules. »

« Oui je suis fiancée avec mon impresario depuis six ans, nous comptons bien nous marier dans le courant de l’année 1962 »

« Pitié arrêtez de me fiancer à Stewart Granger, c’est tout à fait faux ». 

Ainsi, non seulement elle soigne sa communication, ne joue pas les manantes à l’écran, mais elle refuse toute apparition à la télévision, estimant que les vraies stars ne peuvent apparaître sur de petits écran noir et blancs sans se dévaloriser.

  

Sur ses tournages, elle estime devoir être considérée comme la star du film et joue volontiers les enquiquineuses comme si on était toujours au bon veux temps de Pola Negri ou Mae Murray. 

Le public lui-même finira par se faire une image d’actrice hautaine et distante de la belle Sylva Koscina.  Laquelle se défendra en argumentant son enfance misérable et les horreurs de la guerre pour justifier cette soif inextinguible de luxe fabuleux. Rengaine déjà moult fois entendue chez…Sophia Loren ! 

Un jour son partenaire Laurence Harvey n’y tenant plus, lui flanque un uppercut en pleine mâchoire qui l’envoie valdinguer estourbie à l’autre bout du plateau ! 

Il faudra interrompre le film de Mauro Bolognini « Assoluto Naturale » plusieurs jours en attendant que la diva des Balkans soit à nouveau montrable ! 

Le film qualifié par certains « D’art et d’essai » et par d’autre de « pornographique », Sylva aura la candeur de se justifier en s’en prenant à son metteur en scène : « Je fais une confiance aveugle à Mauro c’est un tel honneur pour une actrice d’être dirigée par un metteur en scène d’un tel talent que je lui ai obéi aveuglément sans m’en rendre compte ! »

Nous étions en 1969, Sylva allait bientôt enchaîner toute une série de films plus scandaleux pour ne pas dire scabreux et plus déshabillés encore, et cette fois dirigée par des minables en tout genre.

  

Avec les années 70 s’annonce une vague de libération des mœurs, des femmes, du cinéma et de l’érotisme. Sylvia s’engouffre dans cette opportunité, lançant au passage sa petite culotte par-dessus les moulins. 

A près de 40 ans, on ne la voit plus que très dévêtue, adieu les créations Dior et Harry Winston. 

Sans jamais se montrer démaquillée ni sans ses perruques très « dames » et de plus en plus ébouriffantes, Sylvia Koscina se revendique reine de l’érotisme du cinéma italien.

Mais en estimant quand même toujours être une lady et devoir être considérée comme telle. 

Cela donne d’ailleurs des situations assez baroques.


Ses films tournés pour un « public averti » en Italie ne franchissent guère les frontières. Ce qui permet à leur vedette d’être accueillie à Hollywood où l’on en est resté à l’ancienne image de Sylva comme une grande vedette internationale pour donner la réplique à Kirk Douglas ou Paul Newman. Puis elle rentre en Italie pour tourner un film où elle est nue d’emblée, dès le début du générique. 

Sa carrière va alors suivre une courbe descendante qui semble inexorable.

Et sa vie privée va suivre le même chemin.

 

En 1967, Sylvia s’était mariée, enfin, avec Raimondo Castelli après 11 ans de « fiançailles ». Castelli était devenu également producteur. Alors, si Sophia avait Carlo Ponti, il était impensable que Sylvia n’ait pas elle aussi « son » producteur ! Quinze jours plus tard elle surgit nue dans Playboy.

 

Plus tard, Sylvia imputera ses mauvais choix de films à son mari en qui « elle faisait une confiance aveugle", insistant sur le fait qu’il l’avait poussée sur la voie de la provocation et de l’érotisme, tout était de sa faute même si, avouait-elle, elle avait été à la fois naïve et négligente.

  

Sylva demandera le divorce en 1972, chose interdite en Italie mais allant très bien avec des poursuites fiscales.

Pour couronner le tout, la belle Sylva va se retrouver à la une des faits divers alors qu’elle tourne un film en Afrique. Le gardien de sa propriété, pris d’une crise de folie va tuer trois personnes dans la villa, les domestiques de Sylva. 

Sylva prendra les enfants des victimes sous sa responsabilité. 

Un drame sordide, un divorce impossible, une carrière en capilotade et un fisc intraitable, tout va mal pour la belle Sylva qui consent à se rhabiller pour faire de la télévision et accepte pour la première fois de sa vie de paraître au théâtre dans l’adaptation scénique du « Il Ferroviere ». 

Elle avait joué la fille au cinéma, elle jouerait la mère au théâtre.

L’actrice qui désespérait de tout va connaître une des plus grandes joies de sa vie.

Le public se rue au théâtre pour lui faire une véritable ovation et l’applaudir chaque soir de longues minutes durant. 


Sylva Koscina découvrait la vraie popularité. La belle Yougoslave va vivre cette expérience comme un véritable électrochoc et faire le point sur sa vie et sa carrière. 

Elle renonce à ses exhibitions de charme, lit soigneusement ses scénarii même si elle se fourvoiera encore beaucoup et décide de prendre sa carrière en main avec un nouveau respect du public et peut-être d’elle-même.

 

 

Elle n’a pas encore cinquante ans, elle est d’une beauté à couper le souffle et jouit toujours d’un grand prestige. L’heure est venue pour elle d’être vraiment une grande dame du cinéma car elle en a le physique, l’étoffe et le talent. Même si en 1975 elle est encore en couverture de Playboy, on ne se refait jamais vraiment tout à fait.

  

Le cancer ne permettra pas à Sylvia Koscina d’atteindre le prestige et la perfection qu’elle visait désormais. 

Après des années d’une lutte sans merci, le cancer l’emporte le 26 Décembre 1994. Sylva Koscina n’avait que 61 ans.

Elle s’est éteinte à Rome où elle repose désormais avec les siens, à quelques pas de la tombe de Rossano Brazzi parti en éclaireur deux jours avant elle.

Celine Colassin

QUE VOIR ?


1955 : Siamo Uomini o Caporali : les débuts de Sylvia dans l’ombre clownesque de Toto.

1956 : Il Ferroviere : Pietro Germi réalise et tient le rôle titre du film. C’est lui qui le premier a « repéré » Sylvia et l’a invitée à faire du cinéma.

1956 : Michel Strogoff : Sylvia est de l’aventure, elle joue la belle Sangarre !

1957 : La Nonna Sabella (L’impossible Isabelle) : de Dino Risi s'il vous plaît.

1957 : Gwendalina : Alberto Lattuada a l’étrange idée de confier à Sylva qui affiche 23 ans, le rôle de la mère de Jacqueline Sassard qui en a déjà 18 mais joue une adolescente de 15.

1957 : Le Naïf aux Quarante Enfants : Michel Serrault l’instituteur provoque le scandale en agrémentant les textes classiques de mots d’argots dignes d’Audiard pour la bonne compréhension de ses élèves qui entravent mieux Eddie Constantine qu’ils n’entendent Molière. Sylva est la jeune maman d’un élève.

1958 : Toto nella luna : Voilà donc Toto en pleine science-fiction et très émerveillé par la plastique de Sylva.

1958 : Mogli Pericoloso : Sylva obtient ses galons de grande vedette sous la direction de Luigi Comencini et dans les bras de Rossano Brazzi qu’elle retrouvera plusieurs fois dans sa carrière.

1958 : Poveri milionari : Dino Risi fait de Sylva une richissime héritière de grands magasins qui va au drive-in en Cadillac eldorado décapotable et s’entiche d’un Renato Salvatori amnésique ! Une comédie pleine de trouvailles qui reste un régal.

1958 : Giovani Mariti : Une bande de joyeux célibataires d’une ville de province voit son équilibre bouleversé par le mariage de l’un d’entre eux. Sylva est (encore) la belle millionnaire en décapotable américaine.

1958 : Rencontres d’été : Sylva et Dorian Gray en vamp Yéyé.

1958 : Les Travaux d’Hercule : Tout est dans le titre, voici un péplum avec l’une des icônes du genre, Steve Reeves qui doit sa gloire tant à ses muscles pulpeux qu’à son incapacité à soulever ses partenaires féminines.

1958 : La Muraille de Feu : Spectacle qui se veut grandiose aux aveugles. 

1958 : Non Sono Più Guaglione : Le film est en réalité la suite de « Guaglione », un succès de1956 mené par Dorian Gray.

1959 : Le Sorprese Dell’ Amore : Sylvia retrouve Luigi Comencini Walter Chiari succède à Rossano Brazzi. Etrangement, le film ne trouva pas son public à sa sortie et fut qualifié de « fausse comédie » destinée uniquement à montrer « la » Koscina en bikini !

1959 : Le Confient de ces Dames : Etrange rencontre que celle de Sylva et…Fernandel.

 

1960 : Crimen : Sylvia Koscina entame la nouvelle décennie comme une très grande vedette internationale. L’intrigue évoque furieusement l’univers d’Agatha Christie mais avec l’inimitable humour italien en prime.

1960 : Ravissante : Sylva dans l’univers de Robert Lamoureux qui hélas ne retrouve pas ici l’étincelle de génie de « Papa maman… ». Philippe Noiret fait de son mieux face à la troublante Sylva.

1960 : Il Genitori in Blue Jeans : Sylva qui voulait tant être une autre Sophia Loren partage l’affiche avec son ancienne doublure Scilla Gabel. Dans les années 80 ce film pourtant très oublié deviendra une sitcom à succès.

1960 : Femmine di Lusso : C’est la première affiche que partage Sylva avec sa principale concurrente Elke Sommer.

1961 : Il Vigile : Preuve de sa gloire, Sylva Koscina interprète le rôle de…Sylva Koscina en panne de Lancia se faisant « secourir » par Alberto Sordi.

1962 : Le masque de Fer : Sylvia embauchée par Hunebelle pour venir en aide au masque de fer-Jean Marais !

1962 : Les Quatre Vérités : Film à sketches où Sylva partage le sien avec Monica Vitti.

1962 : Le Massaggiatrici (Les Faux Jetons) : Comédie sans grande envergure ni finesse où l’on s’étonne de croiser Philippe Noiret.

1962 : Jessica : Sylva s’invite dans une comédie américaine tournée en Italie par Jean Negulesco avec Angie Dickinson et Maurice Chevalier.

1963 : L’Appartement des Filles : petite fantaisie polissonne qui réunissait Mylène Demongeot, Sylvia et Renate Ewert. La publicité du film était basée sur un cliché des trois actrices écartant leurs manteaux pour montrer leurs dessous affriolants. 

1963 : Judex : j’ignore qui eut l’idée de sortir le personnage de Judex des archives de Louis Feuillade, de sa naphtaline, voire de sa crypte. On croise Théo Sarapo au rayon des curiosités. Sylvia n’a qu’un court rôle d’artiste de cirque en justaucorps seyant.

1964 : l’Idea Fissa : Un film à sketches tel que le veut la mode du moment avec les inconvénients propres au genre à commencer par l’inégalité entre les sketches. Ceci même lorsque le niveau général est un peu raz des pâquerettes.

1964 : Se permettete parliamo di donne : Neuf sketches dont Vittorio Gassman est le héros.

1964 : Hot Enough For June (Mission Secrète à Prague) Sylva trouble de ses charmes le placide Dirk Bogarde.

1964 : L’Arme à Gauche (Corpo a Corpo) : Sylvia très chic chez Claude Sautet dont c’est le deuxième film fait équipe avec Lino Ventura.

1965 : Juliette des Esprits : Sylvia dirigée par Fellini, un titre de gloire dans une carrière entachée de médiocrité mais qui nous permet d’admirer et surtout d’imaginer ce qu’aurait pu devenir cette actrice avec un plan de carrière digne de ce nom.

1965 : Le Monachine : Duel au sommet entre Sylvia Koscina et Catherine Spaak. 

1965 : I Soldi : Sylva et Catherine Spaak se retrouvent dans une comédie « multi stars »

1965 : Il Morbidone (L’amant paresseux)Sylva avait été fiancée avec cet amant paresseux puis l’avait largué mais revenait quand même régulièrement savourer ses reposants services.

1966 : Baraka sur X13 : En pleine espionnite aigue des années 60, Gérard Barray se prend pour James Bond et Sylvia rivalise avec Agnès Spaak.

1966 : Carré de Dames pour un As : Un policier français bien classique c'est-à-dire bien déjà vu et mené par Roger Hanin. Le film aurait pu s’appeler « Roger Hanin espionne à Malaga ! »

1967 : Three Bites of the Apple : Sylvia est la grande vedette de la chose face à…David McCallum

1968 : A Lovely Way to Die : Sylvia entre Kirk Douglas et Eli Wallach supervise les débuts au cinéma d’Ali MacGraw.

1969 : Marquis de Sade, Justine : Une occasion pour Klaus Kinski de maitriser la charmante Romina Power sous la direction de Jésus Franco.

1969 : L’Assoluto Naturale (He and She) : A savoir Laurence Harvey et Sylvia Koscina, les pires ennemis du monde.

1969 : La Modification : Ce film qui réunissait Maurice Ronet à Sylva Koscina et à Emmanuelle Riva ne semble avoir laissé aucune trace.

 

1970 : Nini Tirabuscico la Donna che invento la Mossa : Cette fois la superstar de cette production méconnue est Monica Vitti.

1970 : Hornet’s Nest : Il y aurait beaucoup à dire, tout un article voire un livre sur ce film de guerre assez raté. On y voit Rock Hudson peu concerné avec sa moustache empruntée à Tom Selleck en soldat américain à la tête d’un groupe d’enfants italiens entre 7 et 14 ans et flanqué de Sylva Koscina femme médecin ennemie et kidnappée. Les enfants n’ayant pas voulu sacrifier la mode seventies à la réalité historique, voici un film dont l’action se déroule en 1944 et dont les héros portent des pattes d’eph, des tee-shirts colorés, des baskets et des cheveux longs coiffés comme ceux de Mike Brant. Sylva elle-même ne peut guère leur jeter la pierre avec sa perruque crêpée sixties et sa jupe droite « week-end » de chez Hermès elle est peut-être encore plus anachronique qu’eux.

1971 : Trittico : Un véhicule pour Rossano Brazzi. Sylvana est nue dès le générique, il faut bien appâter le chaland !

1971 : Les Jambes en l’Air : Sous ce film au titre pour le moins explicite et aguicheur se cache un film avec Georges Géret, Christian Barbier et Francis Blanche. Notons que Sylva, ici épouse de George Géret et la mère de Maria Schneider.

1971 : Homo Eroticus : Pseudo comédie érotique prétexte à défilé de donzelles.

1972 : Boccaccio : Bernard Blier et Raymond Buissières remarquables.

1972 : Uccidere in Silenzio : Sylvia rencontre la nouvelle génération d’actrices qui bientôt prendra le pas sur la sienne, ici, en l’occurrence c’est Ottavia Piccolo qui tient le haut de l’affiche.

1973 : Lisa e Il Diavolo : Lisa n’est pas Sylva mais sa plus grande collègue et rivale au box office international Elke Sommer.

1974 : Un par De Zapatos del’32 (The Student Connection) : Un partenaire de grand prestige pour Sylvia en grande vedette face au vétéran Ray Milland, lequel omettait de mentionner ce film espagnol dans sa filmographie !

1974 : Las Correrias del Vinzconde Arnau : Sombrons dans la vulgarité psychédélique avec Sylva. Ce film est-il le pire film que j’aie vu dans ma vie ? Non, mais ça pourrait.

1977 : Casanova and Co (Treize femmes pour casanova) : Tony Curtis campe un amusant Casanova n’ayant que l’embarras du choix.


1983 : Questo e Quello : Bien que le genre soit maintenant démodé, revoici un film à sketches ou plus exactement en deux parties !

1984 : Der Nacht der Vier Monde : Sylvia n’est qu’une guest star chicissime il faut le préciser dans ce film teuton méconnu!

1987 : Rimini, Rimini : Affrontement de déesses : Serena Grandi, Laura Antonelli et Sylvia à l’affiche !


1992 : Ricky e Barabba :

1994 : C’é Kim Novak al Telefono : l’ultime film de Sylva Koscina qui ne termine hélas pas sa carrière sur une œuvre bien intéressante !


 
 
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