UTA LEVKA
- 14 mars
- 3 min de lecture

un visage passe… le mystère s’installe
Certaines actrices laissent derrière elles une filmographie épaisse, des interviews, des scandales, des maris, des divorces, des scènes cultes, des prix d’interprétation et des enfants à problèmes.
Et puis les autres. Un peu, beaucoup et puis plus rien.
Uta Levka naît le 26 mai 1942 à Cottbus en Allemagne, Aujourd’hui dans le Brandebourg, en Allemagne réunifiée. Mais Uta Levka naît sous le régime nazi, en pleine guerre, dans un pays qui allait être coupé en deux. Elle est pour l’état civil du Reich Uta Levitska, un nom qui sent bon son goulash d’Europe centrale mais qu’elle simplifiera pour le cinéma.
Comme souvent dans les années 60, sa carrière commence presque par hasard. Elle travaille aux studios Bavaria de Munich lorsque quelqu’un la remarque.
Pas n’importe qui.

Maria Schell. Aujourd’hui, on se souvient souvent davantage de son frère Maximilian Schell, mais à l’époque Maria Schell est une star. La pleureuse officielle du cinéma teuton. En 1963, elle est installée depuis longtemps au sommet après une petite tempête hollywoodienne assez savoureuse. Marilyn Monroe, qui rêvait alors d’être reconnue comme une actrice intellectuelle, voulait à tout prix jouer Grushenka dans le film en préparation « Les Frères Karamazov » Pour convaincre tout le monde, elle s’était fait photographier en pauvre petite paysanne en fichu, ce qui prouvait l’évidence. qu’elle n’avait jamais lu Dostoïevski : Grushenka n’est ni pauvre ni paysanne. C’est une femme richement entretenue baignant dans l’opulence. Maria Schell, apprenant en voyage de noces que Marilyn manœuvrait pour obtenir le rôle qu’on lui destinait, avait répondu vertement : « Si Marilyn Monroe tient tant à ce rôle, qu’on le lui donne et qu’on me fiche la paix ! Moi je suis en voyage de noces et j’ai autre chose à faire ! » Marilyn n’eut pas le rôle. Maria Schell, si. Elle valait bien plus que Marilyn ce qui n’empêcha pas le film d’être somptueusement raté.
C’est cette Maria Schell-là qui s’intéresse à cette petite figurante sur le plateau de son film « Whisky Soda ».

Et elle ne se contente pas de la trouver jolie. Elle la prend véritablement sous son aile, l’encourage à se former, la guide, l’aide, et lui obtient un premier rôle. Elle ne la laisse pas au bord du chemin avec un compliment aimable. Elle la marraine.
La jeune femme en valait sans doute la peine. Uta Levka a ce type de beauté que les années 60 adorent : un visage photogénique, un mélange de froideur et de sensualité, quelque chose de moderne, de légèrement inquiétant, qui traverse parfaitement l’écran.
Et pourtant, ce qui frappe le plus dans son histoire, ce n’est pas tant sa carrière que le silence qui l’entoure.
Pas de mariage connu. Pas d’enfants officiellement documentés. Pas de liaisons célèbres confirmées. Pas de grands scandales, pas même une petite conduite en état d’ivresse. Rien.
Puis, au début des années 70, elle disparaît des écrans avec la même discrétion qu’à ses débuts. Sans drame public. Sans interview d’adieu. Sans reconversion tapageuse.
Simplement : Rien de plus..
Un visage affiché. Une vie invisible. Rien d’autre.
Celine Colassin

QUE VOIR ?
1962 : Schneewittchen und die sieben Gaukler : Avec Caterina Valente
1963: Moral 63: Avec Nadja Tiller
1963: Whisky Soda: Avec Maria Schell et Nadia Gray
1964 : Holiday in Saint Tropez : Avec Vivi Bach
1964 : Le Moine Inquiétant : Avec Karin Dor
1966 : L’Espion : Avec Macha Méril et Montgomery Clift
1967 : Seitenstrassen der Prostitution. Avec Eva Lindfors
1969: De Sade: Avec Senta Berger et Keir Dullea
1970: Scream and Scream Again: Avec: Christopher Lee et Vincent Price


