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LORETTA YOUNG

  • 29 mars
  • 26 min de lecture

 

L’actrice Loretta Young a un parcours très particulier dans l’univers du cinéma Hollywoodien et son parcours dans la vie est également très particulier, c’est, entre autres choses pourquoi il circule tant d’erreurs dans ses biographies que l’on peut trouver au hasard du net.


Cette future star naît à Salt Lake City le 6 Janvier 1913 dans une famille très pieuse où grandissent déjà deux petites filles, Polly Ann et Elizabeth Ann. Les Young, d’ascendance luxembourgeoise nommeront la petite dernière Gretchen Michaela.

Mais pour être très pieux, monsieur Earl Young n’en est pas moins homme.

Un soir d’égarement, il a trompé son épouse, son épouse l’a su, elle a pris ses gamines sous le bras ainsi que son nouveau petit bébé tout neuf, un garçon, cette fois, Jack.

 

 Gladys a gagné Hollywood où sa sœur tenait une petite pension de famille. Ernest, le beau frère de Gladys travaillait pour un studio de cinéma où il était directeur adjoint à la production.

Un jour qu’on lui demanda « Où pourrait-on trouver des petites filles pour en faire des fées qui voleraient dans le décor ? » Ernest répondit « Dans mon jardin, j’en ai plein ! »

 Ce qui n’était pas faux, car Ernest et son épouse avaient eux aussi trois filles, ce qui avec les petites cousines d’Utah en visite en faisaient six !


Ainsi la petite Gretchen se trouva attachée à un harnais et voleta en tous sens dans un décor. Elle trouva cela fantastique alors que tous les autres enfants hurlaient de terreur. Elle se mit seulement à pleurer lorsque ce fut « Déjà fini ? » A la fin de la journée, Gretchen et le petit Jack qui avait également joué une fée avaient gagné dix dollars ! Une fortune !

Et comme à Hollywood tout le monde a plus ou moins à faire avec le cinéma, les photos des trois petites se retrouvèrent dans les dossiers « casting enfants » de tous les studios.

Bien plus tard, Loretta posera sur ses années d’enfance un regard empreint d’une tendre nostalgie. « J’étais une petite fille heureuse ! Oh bien sûr nous n’étions pas riches et souvent je me contentais d’une pomme et d’un sandwich mais j’avais parfaitement compris que la misère c’était encore bien autre chose ! »


On avait en effet besoin d’argent, les petits étaient bien payés à Hollywood et certains devenaient même très célèbres et très riches.

C’est ainsi qu’à trois ans, Gretchen fut choisie pour brailler sur une table d’opération dans un film. Nous étions en 1917, le film s’appelait « Primerose Ring » et était mené tambour battant par la star Mae Murray.

 

Avant cela, toute la famille avait été passée au cirage noir pour jouer des enfants arabes dans « Le cheik », alias Valentino lui-même. L’acteur distrayait les petits durant les longs temps de pause en les faisant asseoir sur le magnifique cheval blanc qu’il chevauchait dans le film.

Lorsque les scènes pouvaient reprendre, le beau cheval immaculé était plein de cirage.

On eut après le tournage de « Primerose Ring », la surprise de voir se garer devant la petite pension de famille la limousine longue comme un porte avions de miss Mae Murray.

Mae se rua à l’intérieur, et dieu sait qu’en dehors des écrans elle menait grand tapage, supplia pour qu’on lui laisse à nouveau câliner « l’enfant » dont elle s’était entichée complètement et dans la foulée souhaita l’adopter !

La mère de Loretta n’avait pas l’intention de distribuer ses filles, fût-ce à des stars d’Hollywood, mais enfin, Mae était si attendrissante, baignant de ses larmes la petite Gretchen qui gazouillait à qui mieux-mieux, que Gretchen fut finalement « prêtée » à Mae. Seule recommandation : « Vous pouvez l’emmener, mais vous me la ramenez dès qu’elle le demande ! » La petite fille, emberlificotée sous des tombereaux de rubans et étouffant sous les jouets et les gâteaux vécut avec Mae un an et demi, un an et demi de bonheur béat.

Et vraisemblablement, toute petite qu’elle fut, elle n’en perdit pas une miette !


Mae, pour être un brin toquée, était une femme riche et fantasque et habitait face à l’océan. Il y avait d’ailleurs dans l’ordre d’apparition à l’écran : l’océan, la plage privée, la villa, le jardin et…les puits de pétrole de Mae qu’elle aimait voir de ses fenêtres, puis et ensuite seulement, une route, privée, elle aussi, comme il se doit.

Durant le séjour de Gretchen au bord de la mer, on eut la surprise de voir revenir contrit et repentant, le père de famille au tempérament de feu. Il revint vivre avec sa famille, et quinze jours plus tard, ayant une nouvelle fois été surpris, cette fois en train de trousser la femme de chambre, il fut chassé et cette fois ce fut définitif, on ne le revit jamais.

Les parents de la future actrice allaient divorcer, leur mère se remarier et à nouveau mettre au monde une petite fille, Georgiana, donnant une demi-sœur à ses trois filles et à Jack.

 


Les biographes de Loretta Young se trompent donc une première fois lorsqu’ils font déménager quatre filles et leur mère de Salt Lake City à Hollywood.

 

J’ignore pourquoi le prêt à long terme de Gretchen à Mae Murray cessa. Gretchen déclara tout simplement un matin « Je veux rentrer chez moi ». Mae ne protesta pas, elle souhaitait quitter Hollywood pour New-York.

Gretchen regagna la maison le temps de dénouer ses rubans et fila en droite ligne apprendre la vraie vie dans des écoles paroissiales avant d’aller compléter sa sainte éducation au couvent.

Sa décision était pourtant déjà irrémédiablement prise, elle serait une star de cinéma comme Mae !


Elle ne refit rapidement surface qu’au moment de sa confirmation, moment où, comme la loi l’y autorisait, elle inversa ses prénoms et devint Michaela Gretchen Young, ce qu’elle préférait infiniment. Elle resterait pourtant « Gretch » pour ses intimes.

 

Née dans une famille pieuse, éduquée très religieusement, la jeune Michaela Young aurait très facilement pu embrasser les ordres et aurait été pleinement heureuse. Sa foi religieuse baignera sa vie, guidera ses actes et ne fléchira jamais de toute son existence.

Mais enfin, on était à Hollywood !

Et il y avait ses deux sœurs qui faisaient du cinéma, adoraient ça et commençaient même à s’y faire un nom. Jusqu’à Elizabeth Jane qui s’était choisi un pseudonyme pour faire carrière, elle était devenue Sally Blane !

 


Le destin pour la petite Michaela va prendre l’étrange aspect d’un coup de téléphone qui retentit un jour de 1927 alors qu’elle était seule à la maison, elle avait 14 ans. On avait besoin de l’une de ses sœurs dès le lendemain pour un court rôle dans « Naughty but Nice » où brillerait Colleen Moore. Avec un aplomb sans égal, elle répondit que ses sœurs étaient indisponibles et se proposa de venir au studio remplacer l’absente.

 Ce qui fut accepté ! On tournait alors des films à foison à Hollywood.

La petite Michaela était jolie comme un cœur avec de grands yeux humides, un petit nez qu’adora d’emblée la caméra, un clair sourire, des méplats prenant magnifiquement la lumière et puis surtout un certain maintient qui devait sans doute beaucoup au stage en immersion chez Mae Murray. 

La jeune fille enchaîna, un film puis deux puis dix. L’année suivante elle était devenue Loretta Young et une jeune première de chez Vitagraph enchaînant les films à la chaîne, tous relativement médiocres.

  

Elle allait tourner huit films en 1930, dix en 1931 ! Le public l’aimait, la reconnaissait, venait voir ses films.


 En 1930, elle s’entiche de son partenaire Grant Withers et s’enfuit avec lui à Yuma en Arizona pour l’épouser. Elle a dix-sept ans depuis deux semaines, nous sommes le 26 Janvier 1930.

Grant Withers a vingt six ans, et comble d’horreur il est déjà divorcé et père d’un petit garçon . En fait, ce qui effraye surtout la mère de Loretta c’est qu’il n’est pas catholique.

Le très beau Grant Withers brillait dans des rôles de durs et tombait facilement la chemise pour exhiber son torse mâle musclé et velu. Ce n’est pas pour rien qu’il était un proche de John Wayne et James Cagney. On le savait également très porté sur la dive bouteille !

 

Et comme à l’époque, au cinéma on croyait ce que l’on voyait, le public imagina très facilement sa tendre et fragile Loretta kidnappée par ce viril et beau suborneur. Comme dans un film de Lillian Gish ou de Mary Pickford !

Evidemment, le public effrayé à l’idée du sort réservé à la tendre Loretta lors de cette nuit de noce pleine de violence, de vice, d’alcool et de turpitudes ignorait que la jeune demoiselle avait déjà jeté son bonnet par-dessus les moulins et avait fort agréablement meublé les temps de pauses de ses films avec Ronald Colman, John Barrymore, Douglas Fairbanks Jr et quelques autres messieurs moins prestigieux mais tout aussi avenants.

La presse aima beaucoup l’idée de la belle jeune fille pure « enlevée », tout le monde se déchaîna et la belle histoire d’amour finit par un mariage annulé en 1931. 

Ceux qui connaissaient bien Loretta riaient sous cape en se disant qu’elle avait probablement assommé Grant Withers et l’avait porté sur son dos jusqu’en Arizona ! 


Les deux tourtereaux rentrèrent à Hollywood, et puisqu’ils faisaient partie du même studio, on les précipita à nouveau sur les écrans dans un film taillé sur mesures : « Trop Jeunes pour se Marier ». Le succès de curiosité fut colossal et la Vitagraph se frotta les mains !

 


Loretta se consola dans les bras de Spencer Tracy et se tint particulièrement coite. Ils s’aimèrent en toute discrétion, et comme Scarlett, elle souffrait en silence d’une passion inassouvie pour Leslie Howard.


Spencer et Loretta étaient de fervents croyants, ils avaient plus d’un point commun.

Spencer tournait avec elle son premier film à Hollywood. Loretta fit son mea culpa public à propos de son mariage insensé : « Grant m’a dit qu’il mourrait si je ne l’épousais pas, j’ai été sotte, je l’ai cru. J’ai honte de ce que j’ai fait, je ne le ferai plus et plus jamais dans mes films je ne porterai de costumes impudiques ni n’incarnerai des personnages mauvais ! »

En fait un journaliste lui avait dit « C’est con ce que vous avez fait, vous aviez la classe d’une sainte, avec ce type vous avez la classe d’une fille de comptoir ! » Or dans la vie elle menait une liaison avec Spencer Tracy, marié et père d’un petit garçon sourd.


Elle reprit ses tournages à la chaîne, son salaire passa à 1000$, c’était colossal mais encore dix fois moins que ceux de ses partenaires masculins.


Après Spencer Tracy, un autre de ses partenaires lui enflamma le cœur et les jupons : Clark Gable en personne.

Loretta, lassée du peu de qualité des produits Vitagraph n’avait pas renouvelé son contrat et s’en était allée chez FOX voir ce qu’on lui proposait.


Ce fut « L’Appel de la Forêt » avec Clark Gable, film qui serait, chose très exceptionnelle, tourné en extérieurs dans les neiges du nord. L’idée de Clark Gable dans la neige la séduit au moins autant que les conditions du contrat qu’on lui proposait. Elle signa et l’on s’en alla folâtrer sous les flocons.

Clark Gable était marié, comme il se doit, mais Loretta déclara elle-même « Nous avons été pris dans la tourmente de tempêtes de neige insensées, nous avons passé dix jours à pelleter la neige à nous distraire comme nous pouvions ! ».

Le film, finalement, se tourna en studios, fit un honorable succès. A la fin du tournage, Clark et Loretta se quittèrent bons amis et la jeune demoiselle s’élança bientôt dans une folle passion pour James Stewart.


La FOX l’avait distribuée dans un film de Cecil B. DeMille que Loretta admirait intensément mais au cours du tournage elle se trouva mal et se rendit compte qu’elle était enceinte. A l’époque, il y avait déjà belle lurette qu’à Hollywood on ne s’embarrassait plus de considérations existentielles en matière d’avortement, surtout lorsqu’il s’agissait d’actrices sous contrat.


Loretta était atterrée, ce qui lui arrivait était un malheur épouvantable et pouvait briser sa carrière. Mais elle portait un enfant et ses convictions religieuses ne pouvaient même pas lui permettre d’envisager la question de l’avortement.

Elle termina le film en cours, prit « quelques jours de congés » avant le tournage de son film suivant, s’embarqua officiellement pour l’Europe avec sa mère.

En fait elle s’isola dans une maison voisine de la sienne et y vécut recluse assistée seulement de sa famille.


La FOX envoya alors une suite infinie de télégrammes et autres communiqués de presse, tous sur le même sujet : Miss Young ne pouvait quitter l’Europe, son film suivant devait être ajourné. Bientôt il y eut un « mystère Loretta Young », On spécula sur cet éloignement d’autant mieux que les correspondants de presse étrangers n’avaient bien évidemment pas réussi à la localiser.


Chaque semaine, la presse révélait "la vérité".

On eut dans l’ordre :

Loretta était amoureuse en France

Loretta renonçait à sa carrière

Loretta entrait dans les ordres

Loretta était ruinée

Loretta était devenue folle

Loretta était morte.


En fait Loretta avait mis sa petite fille Judy au monde et envoyé un télégramme à Clark Gable « Mon enfant est né, c’est une fille, elle est ronde et belle et se porte bien » Elle la déclara née de père inconnu et effectua d’invraisemblables prouesses pour dissimuler le bébé aux yeux du monde et des journalistes en particulier. La place d’une fille mère n’était pas sur les écrans en 1936. Elle n’était d’ailleurs nulle part.

Loretta rentra, elle avait retrouvé sa taille de guêpe, elle retrouva James Stewart et les plateaux de la FOX. Depuis le film ajourné, ce n’était plus la belle histoire d’amour entre l’actrice et le studio. Loretta détesta bientôt tous les films qu’on lui proposait. Un jour elle déclara à Selznick : « Vous ne serez satisfait qu’avec la dernière goutte de mon sang ! ».


Entretemps, elle avait fait la rencontre de l’homme d’affaire Tom Lewis.

Le torchon qui brûlait depuis longtemps entre elle et Selznick avait fini par littéralement exploser.

Il l’avait forcée à tourner un film refusé par Jean Harlow, « Born to Be Bad » et Loretta avait reçu des critiques incendiaires : « Bord to be Bad, Jamais un film n’a si bien porté son titre ! » Loretta fulminait, Selznick et elle faillirent en venir aux mains !

L’actrice songeait sérieusement à abandonner le cinéma et au bout d’une querelle plus violente que les autres, elle ne tint plus et brisa son contrat.

Selznick hurla : « Je vous briserai ! » et elle répondit « Encore ? »


Elle se cherchait donc une autre occupation en attendant des offres de film, son agent, Myron Selznick, le frère de l’autre, lui présenta l’homme d’affaires Tom Lewis qui avait un programme radio à lui proposer.

Elle accepta, le trouva charmant, James Stewart ne se décidait pas à la demander en mariage, les choses furent menées rondement.

Lorsqu’elle reçut son planning d’enregistrements, Loretta Young fit avertir Tom Lewis qu’elle ne pouvait en aucun cas être au studio à huit heures, c’était l’heure de la messe ! Lewis fit répondre que lui aussi il allait à la messe et qu’il viendrait demain la chercher pour celle de six heures.


Ils y allèrent ensemble, et à la sortie de l’église, Loretta croisa sa vieille institutrice d’école primaire, une aimable bonne sœur sans façons ni détour qui lui dit dans un sourire « Et bien, Loretta, est-ce enfin le bon mari catholique que je réclame pour vous à notre seigneur depuis des années ? » Loretta prit cela pour un signe et lorsque Tom Lewis lui demanda sa main, elle la lui accorda de grand cœur.


Le 31 Juillet 1940, le couple se mariait dans la petite église de Westwood. Loretta fut effarée du délire qui s’empara des populations ce jour là. Une foule immense guettait le cortège nuptial sur les trottoirs et jusque sur les toits des immeubles !

C’est ce jour là que Loretta Young prit pleinement conscience, et Hollywood avec elle, de l’immense popularité de l’actrice Loretta Young.


Dès que le couple rentra de voyage de noces, la première chose que fit la jeune épousée fut de récupérer sa petite Judy et de la présenter aux yeux du monde comme une « petite fille adoptée ». Hélas, l’enfant avait hérité de son père ses illustres oreilles gigantesques et décollées et ceux qui firent un rapide calcul entre l’âge de l’enfant et le tournage de « L’Appel de la Forêt » n’eurent plus aucun doute. Judy Lewis était bien la fille naturelle de Loretta Young et de Clark Gable.

Loretta esquiva toute sa vie le sujet, n’avoua jamais et la petite Judy passa toute sa petite enfance les oreilles camouflées sous des bonnets de dentelles.

Le battage populaire fait autour du mariage de Loretta permit à son agent de négocier à nouveau avec Selznick.


Boycottée pour avoir rompu son contrat, la star était sans engagements au cinéma. Elle allait tourner  deux films pour la moitié seulement de son tarif habituel chez Columbia.

50.000 dollars par film au lieu de 100.000.


Ce fut « Doctor Takes a Wife » avec Ray Milland, ce fut un succès énorme et l’embargo sur Loretta Young fut levé. Elle était à nouveau une star populaire lorsque la guerre éclata et tournait deux films par an pour un salaire revenu à la normale et sur base d’un contrat de sept ans chez International Pictures.


A sa grande joie, Loretta se retrouva à nouveau enceinte en 1944, Le couple Lewis déménagea et s’installa dans l’ancienne propriété de Constance Bennett, une modeste demeure à 45 chambres. Son fils Christopher Paul vint au monde, et quelques mois plus tard elle fut de nouveau enceinte ce qui finit par exaspérer son studio.

« Il semble que vous teniez plus à fonder une famille qu’à votre carrière, Miss Young, dans ces conditions nous devrons rompre votre contrat ! » Ce qu’ils firent avec un dédit de 50.000$ à charge de Loretta.

La star devint alors indépendante, ce qui était à l’époque une entreprise risquée pour une actrice et certainement moins confortable. A commencer par le fait non négligeable qu’une actrice indépendante ne peut plus imputer aux studios les mauvais choix de ses films.


Loretta Young releva le défi avec beaucoup de panache, puisqu’en 1946 elle triomphait en jouant une suédoise dans un rôle rejeté par Ingrid Bergman « Farmer’s Daughter ». Un rôle où elle ne portait aucune robe de grand créateur et jouait une femme sans éducation mise en service chez un sénateur et qui finissait par elle aussi se hisser jusqu’au sénat.

Loretta fut nommée aux Oscar pour son rôle en 1947 en même temps que sa plus chère amie Rosalind Russell qui était, elle, nommée pour « Le Deuil sied à Electre » et qui était considérée comme la très grande favorite de l’année.


Rosalind vint à la cérémonie parée comme une divinité pour recevoir le sacre ultime d’une carrière hollywoodienne et fit même une aimable remarque à sa chère Loretta : Si elle était si sûre de perdre, pourquoi avoir choisi une robe aussi fabuleuse de chez Jean Louis ? Ce n’était pas là robe de perdante, pourquoi attirer l’attention ?

Loretta se reprocha de n’y avoir pas pensé. Joan Crawford, Susan Hayward et Dorothy MacGuire étaient également nominées Loretta était la moins oscarisable probable des cinq. Lorsque Fredric March décacheta l’enveloppe contenant le précieux nom de la lauréate et qu’il annonça Loretta Young, l’actrice ne se rendit même pas compte de ce qui lui arrivait, c’est son mari qui a dû la pousser du coude et lui dire « Mais vas-y donc, lèves, toi, c’est toi qui a gagné ! »

Elle alla chercher sa précieuse statue comme dans un rêve, ne trouva rien à dire au public d’autre que « Heu ? Merci ! Dieu vous bénisse et…Bonne nuit ! ».

Ce fut suffisant pour que Rosalind Russell ait le temps de s’éclipser, enlever toutes ses « décorations » tapageuses de « gagnante » et revienne vêtue très simplement féliciter sa chère amie de tout son cœur !


Non seulement le film de Loretta lui valait un Oscar mais le film qu’elle avait tourné dans la foulée, « Bishop’s Wife » avec Cary Grant et David Niven faisait un malheur et allait bientôt compter parmi les films les plus populaires de l’histoire du cinéma Américain.


L’actrice déclarera plus tard « Cary Grant est le seul de mes partenaires dont je ne suis pas tombée amoureuse » Autrefois elle disait la même chose en parlant de Tyrone Power.

Marlène Dietrich qui n’était pas un fan absolue de Loretta Young se fendit d’un trait bien dans sa manière « Cette Loretta Young est si pieuse que chaque fois qu’elle a une liaison illégitime avec un homme, elle fait construire une église, maintenant Hollywood est la ville où il y a le plus grand nombre d’églises au monde, une à chaque coin de rue ! »

Loretta, comme on s’en doute, laissa dire.

Elle était follement heureuse et devenait une star inouïe 30 ans après s’être montrée pour la première fois sur un plateau de tournage.


Elle avait tout pour être heureuse et trois beaux enfants qu’elle adorait. Elle restait étroitement soudée avec son frère, ses sœurs et sa demi-sœur qu’elle idolâtrait et qui le lui rendait bien ainsi qu’avec sa chère maman Gladys qui était devenue une décoratrice très réputée à Hollywood mais n’avait jamais accordé la moindre importance aux carrières d’actrices de ses filles.


Lorsqu’elle reçut son Oscar, la première chose que fit Loretta  après avoir récupéré ses esprits fut d’appeler sa mère pour lui dire « Maman, j’ai gagné », ce à quoi Gladys répondit : « C’est très bien, mais gagné quoi ? ».


Seule ombre au tableau, son mariage qui commençait à battre de l’aile. Bientôt le couple Lewis allait se séparer et Tom allait retourner vivre à New-York.

Avec son film suivant Loretta connaîtrait un autre triomphe et réaliserait un autre de ses rêves : elle allait incarner une religieuse.

C’est sur le plateau de ce film, « Come to the Stable » qu’elle inventa la boîte à gros mots qui allait faire bientôt partie intégrante de sa légende. Lasse d’entendre sous ses habits de religieuse toute l’équipe du film proférer des injures à longueur de journée, elle « taxa les grossièretés ». A chaque gros mot le contrevenant devait payer une amende et glisser son dollar dans la « Loretta box ».

A la fin du tournage, la somme souvent rondelette allait à une œuvre caritative.

Un jour Jerry Lewis allait débarquer sur son plateau, glisser un gros billet dans la boîte et ensuite abreuver Loretta d’injures ininterrompues pendant plus d’une minute.

Lorsque Jerry se tut, à bout de souffle et à court d’imagination, Loretta, divine, n’ayant pas cillé jusque là lui lança : « Il vous reste encore quatre mots, mon cher, un peu de courage ! »


« Come to the Stable » connut lui aussi un grand succès, nous étions en 1949, il y avait maintenant 40 ans qu’entre Loretta Young et le cinéma c’était une histoire d’amour.

Mais enfin, comme dans toute histoire d’amour il y eut des hauts et des bas, mais également certaines lassitudes.


Loretta adorait son métier, certes, elle adorait Hollywood et elle adorait plus encore être une star, mais enfin, elle avait tourné tant et tant de films qu’en tourner un de plus n’était plus depuis longtemps un nouveau challenge mais simplement la continuité d’une tradition bien établie.

En 1950, alors que les vétéranes connaissaient une vogue sans précédente et que Bette Davis, Ginger Rogers, Barbara Stanwyck, Joan Crawford et Gloria Swanson regagnaient le haut du box-office, Loretta déclarait de manière on ne peut plus sereine : « Je suis peut-être la femme la plus heureuse du monde . Je suis autonome depuis l’âge de 12 ans en faisant un métier que j’adore par-dessus tout et il ne tient qu’à moi que cela continue en choisissant les meilleurs films possibles et de tout donner dans mes rôles . J’habite à Holmby Hills une maison merveilleuse pleine de rire d’enfants et d’antiquités précieuses que je collectionne depuis des années. Je suis suffisamment riche pour dépenser sans compter chez les plus grands couturiers, mon seul péché . » Puis elle ajoutait avec une moue réfléchie : « Oui bien sûr j’ai de la chance, j’en ai toujours eu et il en faut mais je suis aussi une rude travailleuse, peut-être la plus acharnée d’Hollywood avec Irène Dunne ».

 

Elle fut à nouveau distribuée face à Clark Gable dans un film qu’elle trouva sans intérêt mais autour duquel toute la presse s’affola. La grande passion que l’on avait attribuée à Clark et Loretta en 1935 allait-elle se réveiller ?


Il n’en fut bien entendu pas question, Loretta commenta : « Clark Gable n’était plus le même homme depuis la mort tragique de Carole Lombard, et à l’époque il buvait énormément…Et puis nous n’avions pas les mêmes horaires, il quittait le studio plus tôt que moi ».

Il ne fut pas question entre Loretta et Clark de Judy qui vivait toujours dans l’ignorance de ses origines. Elle rencontrera Clark Gable une seule fois dans sa vie, il vint un soir dîner chez Loretta, elle avait 23 ans et ils ne se parlèrent pas en dehors des mondanités d’usage.

Loretta se décidera à dire la vérité à sa chère Judy lorsque celle-ci mettra en péril son mariage en déclarant à son fiancé qu’elle adorait : « Je vous aime infiniment, mais je ne peux pas devenir votre femme puisque moi-même j’ignore qui je suis ». Il convient de dire que selon les mémoires de Judy, le fiancé en question lui répondit : « Mais tu rigoles ? Tu es la fille de Clark Gable, tout le monde le sait ! »


Malgré un excellent film noir de Tay Garnett en 1951, Loretta sentit à l’aube des années 50 sa carrière s’étioler. Le monde changeait et le cinéma avec lui. Elle ne tenait pas à se perpétrer à tout prix.

Elle était très riche et trouvait bien plus de satisfactions dans sa vie privée que sur les plateaux de cinéma.


Le « clan Young » était toujours aussi soudé autour de la matriarche Gladys qui restera une décoratrice d’intérieur très prisée jusqu’à 90 ans passés.

Loretta avait ses enfants, ses sœurs et leurs familles.

Sa demi sœur, la petite dernière lui avait elle aussi apporté de grandes joies. Adolescente beaucoup trop grande pour son âge, elle avait suscité les quolibets et Loretta avait déclaré « Il n’y a rien de plus odieux au monde que d’être adolescent et différent des autres ».

Mais pour être bâtie comme une girafe, elle était aussi exceptionnellement jolie. Loretta l’avait fait engager sur un ou deux de ses films, et si elle ne bouleversa pas l’histoire du septième art, elle bouleversa le cœur d’un jeune acteur mexicain qui lui écrivit son admiration par l’entremise de Loretta.


Lorsque le jeune acteur mexicain fut convoqué à Hollywood, il souhaita rencontrer cette fille si belle qui l’avait tant ému à l’écran. Il la rencontra, ils s’aimèrent, se marièrent et vécurent heureux le reste de leur vie. C’était Ricardo Montalban.

Loretta estima que c’était grâce à elle et en fut terriblement heureuse.

Ils resteraient mariés 63 ans et lorsque Georgiana s’éteignit à l’âge vénérable de 83 ans, Ricardo Montalban ne lui survécut que 14 mois. Le couple avait eu quatre enfants : Laura, Mark, Anita et Victor.


Mais revenons en en ce début des années 50 où Loretta, sans animosité aucune « sent » malgré tout que les heures les plus brillantes de sa carrière sont désormais derrière elle.

Elle va faire une chose dont elle n’avait jamais eu le temps ni l’envie jusque là, une chose banale entre toutes : elle s’acheta un poste de télévision.

Ce fut le choc. Loretta fut complètement fascinée.

Non parce qu’elle voyait des acteurs bouger sur un écran, mais parce qu’elle retrouvait là toutes les erreurs qu’elle avait commises et surtout vues commettre au temps glorieux de ses débuts.

La télévision était jeune encore, comme le cinéma l’avait été.

 

L’actrice se vit très bien partir à la conquête de ce nouveau vecteur, elle s’imaginait se lançant un nouveau défi et partant, jeune encore, à la conquête d’autres gloires mais surtout de nouveaux challenges. De là à ce qu’elle s’imagine nouvelle reine de la télévision, il n’y eut qu’un pas…vite franchi !


Nombre de stars hollywoodiennes avaient désormais leur « Show » TV, Loretta allait avoir le sien et connaître une gloire plus grande encore.


Elle fut présente à toutes les étapes de l’élaboration de son programme.

Elle imagina son concept : Chaque semaine elle lirait la lettre d’un téléspectateur et puis « jouerait » l’histoire qui y serait proposée, faisant de son public son scénariste. Le « Letter to Loretta » allait naître et toujours débuter chaque semaine de la même manière : Loretta entrait dans un décor supposé être son living room, toujours portant une robe sensationnelle, elle se dirigeait vers la caméra, saluait son public, ouvrait l’enveloppe et lisait sa lettre, puis la fiction commençait.

Elle avait battu le rappel de tous les créateurs en renom pour l’habiller à la TV, depuis son grand ami Jean Louis jusqu’à de jeunes stylistes pour qui elle représentait une grande chance.


C’est d’ailleurs un jeune inconnu qui aurait l’insigne honneur de l’habiller pour sa « première ». Il assistait au tournage, et s’il ne devint pas le nouveau Cristobal Balenciaga, il allait bien involontairement changer l’histoire de la télévision et la légende de Loretta Young tout à la fois.

Loretta fit son entrée, tourna sa scène, dit son texte, mais du coin de l’œil elle voyait son styliste complètement déconfit. Le souci de ce dernier étant que le dos de la robe portée par Loretta était particulièrement beau mais qu’on ne le voyait pas.

Loretta recommença la séquence, elle fit son entrée en tourbillonnant comme une diva de défilés haute couture.

Le styliste fut ravi et dieu sait pourquoi, son entrée tourbillonnante devint sa marque de fabrique et fut immédiatement légendaire !


Chaque semaine et durant près d’une décennie, de 1953 à 1961, l’Amérique entière se ruait devant la télévision pour voir Loretta Young pousser une porte et entrer en tourbillonnant dans sa robe fabuleuse pour présenter son émission !

Le concept de l’émission changea, fut remanié, réadapté, on abandonna l’idée de la lettre, mais une chose fut immuable : l’entrée tourbillonnante de Loretta Young !

Une pluie de récompenses s’abattit sur sa tête, l’émission battait chaque année les records d’audience de la précédente.


Habiller Loretta Young pour son entrée devint le rêve absolu de toute une vie pour n’importe quel styliste digne de ce nom !

Soixante ans plus tard, la légende de Loretta Young tient plus à ces entrées qu’à toute sa carrière d’actrice pourtant oscarisée.

Des collections de DVD sont régulièrement éditées et s’arrachent comme des petits pains en période de famine !


La star, comble de l’ironie, avait à l’époque spécifié par contrat que si d’aventure son émission était rediffusée, elle serait alors amputée de son entrée car elle ne voulait pas paraître dans des robes vieilles d’un an ou deux ! On a sa réputation que diantre !

La télévision ayant passé outre (Qu’était le Loretta Young’s Hour » sans ses entrées sublimes ?) Il lui en coûta un million neuf cent milles dollars de dommages et intérêts !

« Vous avez donné de moi une image désuète ! » avait déclaré la star !

Dans la foulée de ces tournages, Loretta faillit bien y laisser sa santé. Déjà mince elle fondit comme neige au soleil. Elle était exténuée et l’on craignit pour la vie même de cette femme qui fumait 4 paquets par jours depuis des années.

Bientôt on eut l’idée de faire appel à des « invités » de prestige pour jouer quelques fictions à sa place et tout Hollywood se rua pour apparaître dans le « Loretta Young Show ! ».


Plusieurs mois d’hospitalisation, quelques millions de dollars et trois Grammy Awards plus tard, Loretta abandonna son show télévisé ;

Nous étions en 1961, et depuis un an déjà les premiers épisodes de 1953 étaient rediffusés à qui mieux-mieux !

Loretta trouvera enfin le temps durant les années 60 de divorcer.


Elle se consacra avec ses amies de toujours, Jane Wyman, Irène Dunne et Rosalind Russell à ses bonnes ouvres et les trois stars devinrent les plus célèbres, les plus actives et les plus généreuses dames patronnesses d’Hollywood.

Les propositions n’allaient pas cesser de pleuvoir pour cette star à la popularité toujours intacte malgré le passage des ans.

Elle ne reviendra se montrer à la télévision que deux fois, ce qui lui vaudra un golden globe supplémentaire mais refusera « Falcon Crest » déjà refusé par Bette Davis mais accepté volontiers par Jane Wyman.


Loretta se remaria une fois encore, à 80 ans, avec son grand ami de toujours, le créateur Jean Louis qui lui en affichait 85 au compteur.

Non que ces deux-là fussent soudain pris d’une folle passion, mais Jean Louis ne supportait pas la disparition de son épouse, sa compagne de toute une vie et Loretta lui apporta amour, soutien et réconfort jusqu’à ce qu’il s’endorme pour toujours au bord de la piscine et sous un parasol quatre ans plus tard, alors que Loretta était, comme on s’en doute…a la messe.

Le temps passant se chargea d’affiner son carnet d’adresse. La mort avait emporté sa chère maman, ses sœurs et son frère, mais aussi sa si chère amie Rosalind Russell qui vécut une agonie particulièrement odieuse.


Les deux femmes prièrent tant que Rosalind, atteinte d’un cancer et d’une arthrite particulièrement douloureuse se crut miraculée et se sentit à nouveau tellement en forme qu’elle songea à faire sa rentrée sur scène !

Ce n’était que le mieux des derniers instants. Rosalind Russell s’éteignait le 28 Novembre 1976 à l’âge de 69 ans.


Loretta elle-même, bien qu’à un âge très avancé, vit sa santé décliner et s’installa pour finir ses jours, atteinte du cancer des ovaires, chez sa chère demi-sœur Georgina et son beau frère Ricardo Montalban.


Loretta fermait ses beaux yeux à jamais le 12 Août 2000. Elle avait 87 ans.

Le 2 Décembre 2011, sa fille Judy la rejoignait dans l’éternité.

Celine Colassin

 


QUE VOIR ?


1917 : Primerose Ring : La première apparition de Loretta au cinéma en poupon braillant silencieusement sur une table d’opération.

1917: Sirens of the Sea: Gretchen et sa grande sœur Elizabeth future Sally Blane participent à ce film peu mémorable destiné à “tester” l’impact des charmes de Louise Lovely sur le public !

1919 : The Only Way : Loretta sur sa table d’opération.

 

1927 : Naughty but Nice : Les seconds débuts de Loretta en petit moussaillon dans l’ombre toujours silencieuse de Colleen Moore.

1928 : Scarlet Seas : Loretta affiche son nom juste derrière celui de la star du film Betty Compson.

1928: Laugh, Clown, Laugh : Loretta prêtée à MGM pour un des films les plus prestigieux de l’année avec un Lon Chaney époustouflant. En 2004, le film recevait encore deux awards ! 

1928: The Head Man :Loretta donne la réplique à Charles Murray, déjà vétéran à l’époque.

1928: The Magnificent Flirt : Florence Vidor est la star de la chose.

1929 : The Forward Pass : La jeune star Loretta Young forme un couple romanesque en diable avec Douglas Fairbanks Jr. 

1929 : Fast Life : Loretta n’avait d’yeux sur le plateau que pour le beau Douglas Fairbanks Jr, c’est ainsi qu’elle laissa lui échapper un jeune débutant nommé William Holden. 

1929 : The Careless Age : Loretta retrouve les beaux bras vigoureux de Douglas Fairbanks Jr.

1929 : The Girl in the Glass Cage : J’ignore hélas ce qui se cachait sous cet alléchant titre, l’ensemble semble avoir disparu.

  

1930 : The Devil to Pay : Loretta joue les vamps de la haute bourgeoisie. 

1930 : Kismet : Loretta dans un film dont la prochaine version sera mieux connue puisque Marlène Dietrich s’y balade en danseuse orientale.

1931: The Right to Way: Loretta et Conrad Nagel. Un film qui semble aujourd’hui perdu.

1931: I Like You Nerve : Loretta retrouvait Douglas Fairbanks Jr dans une comédie.

1931: The Ruling Voice : Film de gangsters qualifié de « tout à fait excentrique et fort réussi » par la critique de l’époque. 

1931: Big Business Girl : Loretta se pavane en une myriade de robes étourdissantes.

1932 : They Call It Sin : Loretta entre George Brent et Louis Calhern.

1932: The Hatchet Man : Loretta « chinoisée » à souhait entre Edward G. Robinson et Leslie Fenton.

1932: Week-end Marriage : Loretta en valse hésitation entre Norman Foster et Georges Brent.

1932: Taxi : La bonne vieille bagarre des petits indépendants contre les trusts tentaculaires.

1932: La Vie Commence : Loretta, blonde et en mauvais état profite des bons soins d’Aline McMahon qui joue son infirmière.

1932: Play-Girl : Sombre drame ou la scrupuleuse épouse américaine bien sous tout rapport est celle d'un joueur invétéré.

1933 : Midnight Mary : Loretta face à l’élégant Franchot Tone.

1933: Heroes to Sale : Gloire et décadence d’un héro interprété par Richard Barthelmess qui sera porté en triomphe avant de finir en prison.

1933: Zoo in Budapest : Un excellent film où Gene Raymond travaille au zoo et s’en prend aux mondaines porteuses de fourrures.

1933: The Life of Jimmy Dolan : Loretta retrouve Douglas Fairbanks jr, il y avait longtemps ! L‘intérêt de ce film est peut-être le court rôle de John Wayne en boxeur poltron !

1933: The Man’s Castle : Loretta face à Spencer Tracy pour un film qui fit un triomphe au moins égal à celui de « Zoo in Budapest ». A notre que dans les deux films, Loretta frôle la clochardisation .

1934 : Bulldog Drummond Strikes Back : Un film qui commence comme on les aime…Ronald Colman, perdu dans le brouillard frappe à la porte d’un étrange manoir pour téléphoner…A l’intérieur, le corps sans vie d’une femme….

1934: La Maison des Rothschild : Georges Arliss trouve ici son meilleur rôle, celui du patriarche de la famille.

1934: The White Parade : Loretta infirmière face à John Boles.

1934: Caravan : Loretta face au french lover number one : Charles Boyer qui porte ici une ravissante perruque à bouclettes que l’on reverra encore sur la tête de Viviane Romance dans « la Maison du Maltais » et sur celle d’Alain Delon dans « Le Gitan ».

1934: Born to Be Bad : Loretta au métier très indéfini est une très mauvaise mère et espère même plumer le richissime Cary Grant qui a renversé son gamin en rue.

1935 : L’Appel de la Forêt : Le fameux film dont l’histoire du tournage a eu plus d’incidence sur l’histoire d’Hollywood que le résultat final qui n’a laissé un souvenir impérissable à personne.

1935: Clive to India : Cette fois c’est l’excellent Ronald Colman qui donne la réplique à Loretta.

1935: Les Croisades : Loretta est princesse de Navarre.

1935: Shanghai : Loretta follement allurale fait chavirer le cœur de Charles Boyer.

1936 : Ramona : Loretta la métisse est aimée du riche Don Ameche mais découvre qu’elle est fille d’une squaw.

1936: L’Heure Mystérieuse : Loretta enfin devenue la reine des comédies brillantes se déchaîne dans des costumes époustouflants qui ont dû faire écumer Joan Crawford de rage. 

1936: Ladies in Love : Rencontre au sommet entre Loretta, Constance Bennett et Janet Gaynor !

1937 : Café Métropole : Une sorte de veuve joyeuse parisienne sans la musique.

1937 : Wife, Doctor and Nurse : Encore une comédie brillante, cette fois avec Warner Baxter.

1937: Love is New : Le couple Loretta-Tyrone Power semble avoir séduit les foules car le voici à nouveau réuni.  

1937: Love Under Fire : Don Ameche est toujours là, bon pied bon œil et le tout ressemble furieusement à « Désir » tourné la même année avec Dietrich et Cooper.

1938 : Suez : Le film restera surtout mémorable pour la rencontre sur le plateau entre Tyrone Power et la française Annabella qui deviendra sa femme.

1938 : Kentucky : Qui croirait trouver sous ce titre fleurant bon le western une resucée de « Romeo et Juliette » transposée dans l’univers des éleveurs de chevaux.

1938 : Four Men and a Prayer : Casting all stars pour ce film où resplendit Loretta entre Georges Sanders, David Niven, Richard Greene et C. Aubrey Smith.

1938: Three Blind Mice: Loretta Young, Joel McCrea et David Niven

1939 : The Story of Alexander Graham Bell : Tout est dans le titre, comme on s’en doute.

1939 : Eternally Yours : Loretta éprise de David Niven sous la direction de Tay Garnett.

 

1940 : He Stayed for Breakfast : Une joyeuse comédie brillante avec un de ses princes : Melvyn Douglas.

1940: Te Doctor Takes a Wife : Le scénario de cette comédie est honteusement débile.

1941: The Men in Her Life: Les incroyables costumes que créa Adrian pour Loretta dans ce film sont aujourd’hui au musée.

1941: A Night to Remember : Loretta face à l’élégant mais quelque peu transparent Brian Aherne.

1943 : China : Tourné en pleine guerre, le film fait l’apologie du courage des femmes au conflit.

1944 : Ladies Courageous : L’histoire hautement patriotique d’un escadron de femmes pilote de bombardiers durant la guerre.

1944 : And Now, Tomorrow : Voici Loretta sourde comme un pot, raison pour laquelle son fiancé ne peut guère l’abandonner et s’en aller crapahuter sous les jupes de sa belle sœur Susan Hayward.  

1945 : Along Came Jones (Le Grand Bill) : Western ultra classique  

1946 : The Stranger : Orson Welles dirige Loretta.

1947 : Farmer’s Daughter : Le film du grand triomphe pour Loretta tout à fait jubilatoire dans son rôle de boniche suédois avec ses tresses tournées en macarons sur les oreilles et qui finit par devenir sénateur. 

1947 : The Perfect Marriage : Loretta Young et David Niven sont mariés depuis dix ans et tout marche magnifiquement pour eux, alors qu’inventer de plus intelligent qu’un divorce pour se distraire un peu ?

1947 : The Bishop’s Wife : Cary Grant est un ange descendu du ciel et qui s’intéresse de fort près au cas de la très belle épouse d’un évêque un peu trop rigoureux dans ses principes.

1948 : Rachel and the Stranger : William Holden, fermier veuf seul avec son fils s’en va au village voisin chercher une mère pour celui-ci. Il ramène une Loretta Young godiche comme pas possible.

1948 : The Accused : Un film noir mettant Loretta aux prises avec Robert Cummings.

1949 : Mother is a Freshman : Autre comédie pseudo désopilante où cette fois Van Johnson s’essaye au genre.

1949 : Come to the Stable : Le film vénéré de Loretta où elle est (enfin !) religieuse. La chose a épouvantablement vieilli


1950 : Key to the City : Le film des retrouvailles avec Clark Gable, lesquelles furent aussi avortées que le scénario et les ambitions de l’auteur ! 

1951 : Cause for Alarm : Un schizophrène cloué au lit se persuade que son épouse a une liaison avec son médecin et fomente un plan machiavélique pour s’en débarrasser.

1952 : Paula : Un « véhicule » à la gloire de Loretta Young où elle a droit à …Ken Smith pour partenaire.

1952: Because of You : Loretta n’avait jamais donné la réplique à Jeff Chandler ! Quel épouvantable oubli.

1953 : It’s Happen Every Thursday : Encore une comédie supposée hilarante qui n’est que navrante avec un John Forsythe empaillé comme jamais.

Celine Colassin


LES FILMS QUE VOUS NE VERREZ PAS

(Avec Loretta Young)

 

Don’t Call me Madam : Loretta décline ce film en 1950, Lucille Ball et Myrna Loy en feront autant ce qui sonnera le glas définitif du projet.

 
 
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