SUSAN HAYWARD
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Susan Hayward naît à Brooklyn le 30 Juin 1917, elle est alors Edythe Marrener pour l’état civil.
Née dans une famille d’ouvriers, Edythe devenue Susan Hayward ne gardera pas une douce nostalgie de ses années d’enfance, déclarant volontiers : « Personne n’était beau autour de moi, ni ma mère, ni mon père ni même aucun de nos voisins ! »
Rien pour la faire rêver et surtout pas le métro que son père conduit.
Rien si ce n’est, affichés aux kiosques, ornant les couvertures de « Variety » et autre « Photoplay », les portraits savamment coloriés de Greta Garbo, Marlène Dietrich, Bessie Love et même de cette Barbara Stanwyck, qui comme elle est née à Brooklyn.
Du plus loin qu’elle s’en souviendra, la star a toujours voulu être actrice, moins pour « s’exprimer » que pour « s’en sortir ».
Après de vagues études commerciales et une kyrielle de petits boulots sans envergures, Edythe est acceptée comme « photomodel » par une agence.
A la surprise de tous les gens qui la connaissent.
Car enfin, elle n’est ni grande ni gracieuse mais qui de plus est, elle est loin d’être jolie.
Mais Barbara Stanwyck l’est-elle ?
Le miracle Susan Hayward, c’est qu’à défaut d’être belle dans la rue, elle irradie littéralement devant un objectif. Son visage capte la lumière. Mieux. Il la capture.

La jeune fille fera plusieurs reportages publicitaires, notament pour des produits capillaires.
A défaut d’avoir l’ovale raphaélien d’une Kay Francis, Edythe a une tignasse souple, dense et rousse qui attire l’œil et attise la convoitise. Sa chevelure est superbe et on est bien en peine dans sa famille de savoir si cela vint de son côté Irlandais ou de son côté suédois.
Pour la pauvre fille de Brooklyn, le miracle va se produire.
George Cukor la convoque à Hollywood pour un essai à la simple vue d’une de ces photos publicitaires. Et pas pour n’importe quel essai.
Un essai pour le rôle de Scarlett O’Hara dans « Autant en Emporte le vent ».
Il s’agit ni plus ni moins pour la jeune Edythe de traverser tout le continent pour entrer en compétition pour le rôle le plus convoité de tous les temps et donner la réplique au King d’Hollywood en personne. Clark Gable.
Edythe saute le pas et se lance dans l’aventure, peut-être est-elle inconsciente ou présomptueuse, je crois plutôt qu’elle n’a rien à perdre.
Dans quelques années, la même aventure va sé répéter dans les moindres détails pour une autre jeune fille efflanquée de Brooklyn dont les improbables photos attireront l’attention d’Hollywood qui la convoquera pour un grand rôle avant d’avoir même entendu le son de sa voix.
Laureen Bacall.
L’essai que passa la jeune Edythe, essai couleurs, a été conservé et est toujours visible aujourd’hui comme les essais que firent à leur arrivée à Hollywood Ingrid Bergman et Vivien Leigh.
Celui de Susan Hayward est de loin le meilleur.
La magie de Susan face à l’objectif photo n’était rien en regard du coup de foudre qu’eut la caméra pour ce visage de jeune fille.

Susan, comme on le sait ne fut pas Scarlett, et malgré cette photogénie spectaculaire, la jeune inexpérimentée de Brooklyn ne pouvait rivaliser avec une comédienne aussi affûtée que Vivien Leigh. La jeune actrice fut jugée très insuffisante. Si son essai muet est superbe, Susan disait faux avec une voix mal placée qui écorchait les oreilles au lieu de les envoûter !
On pria la jeune fille de regagner New-York et de s’y inscrire à un cours d’art dramatique avec la promesse de la revoir dans trois ans.
Il n’en fut pas question. A Hollywood elle était, à Hollywood elle resterait !
Evincée, certes mais pas désespérée, la nouvelle venue va signer chez Warner et faire ses armes de starlette en maillot, de potiche décorative ensuite et d’actrice de troisième rôle enfin.
Le temps pour le studio Paramount de racheter son contrat et de la distribuer dans un rôle très court dans « Beau Geste » alias beau Gary Cooper.
Douée et pourvue d’une rage de vaincre peu commune, Susan Hayward va faire feu de tout bois et ses apparitions seront de plus en plus remarquées, gagnant très vite en importance.
Elle est encore second rôle derrière Paulette Goddard ou Veronika Lake mais son personnage fait maintenant partie intégrante des intrigues.
Déjà à l’époque, affirmant à une « vedette consacrée » dont je tairai le nom avoir eu de la chance de trouver des choses à défendres dans ses petits rôles de débutante, la réponse ne se fit pas attendre : « Tout le monde n’a pas eu la chance de commencer laide ! »
Laide?

Avec une moyenne de trois films par an, Susan Hayward s’estime sous employée par son studio et choisit l’indépendance en 1946. Après son 24ème film, elle s’estime « mûre » pour passer à autre chose et montrer ce dont elle est capable.
A commencer par se faire remarquer malgré son mètre 61 alors qu’elle paradait avec d’autres starlettes lors d’une convention des producteurs de films à las Vegas. Susan sortit du rang et s’adressa à ces messieurs : « On m’a demandé ce soir si j’aimais faire du cinéma, j’ai répondu qu’il faudrait d’abord qe je sache ce que je fais dans les films que je tourne ! Je suis Susan Hayward, et ne croyez vous pas que Susan Hayward mérite un peu mieux que ce qu’on lui donne ? » Elle rejoignit le rang sous un tonnerre d’applaudissements et Susan récolta ce qu’elle avait semé : un rôle intéressant dans un bon film.
Ce sera « Smash-Up » où elle incarne une alcoolique et l’effet sur le public est saisissant.
Susan Hayword accède au statut de star, mieux, au statut d’actrice.
Susan est nommée aux Oscar pour sa performance. C’est Jane Wyman qui embarque la chose dorée pour sa performance de sourde-muette violée dans « Johnny Belinda ».
Dans 10 ans et après trois autres nominations, Susan Hayward aura sa revanche, couronnée pour son interprétation de la condamnée à mort Barbara Grahame dans « Je veux Vivre ».

Quelques années plus tard, elle retâtera du bourbon glace dans un autre film et « Smash-up » aura l’air d’une vague répétition de "I’ll Cry Tomorrow" où Susan Hayward donnera une interprétation magistrale s’inscrivant en lettres de feu au rayon des performances Hollywoodiennes dont Bette Davis et Gloria Swanson pensaient avoir seules le secret.
Susan Hayward aborde la trentaine au sommet, elle est considérée par Hollywood et par le public comme une star de première grandeur, une actrice que l’on aime et qui fait vendre, ça ne fait que commencer.
La jeune Susan s’est battue come une tigresse pour atteindre les sommets, maintenant qu’elle s’y trouve, il faudrait la fin du monde pour l’en déloger…Et encore !
Si Susan Hayward triomphe à l’écran, son image de star est complétée par l’image qu’elle donne de sa vie privée : Vedette comblée avec villa et piscine adéquate.
Elle est mariée depuis 1944 à l’acteur Jess Barker et le couple a deux enfants, des garçons, jumeaux.
Ils forment à eux quatre le prototype de la parfaite famille américaine. Que dis-je parfaite ? Idéale !
Jess Barker a plutôt l’habitude de faire la chasse aux rôles plutôt que de récolter les Oscar.
Ni bon ni mauvais, ni beau ni vilain, il a la réputation d’avoir « un air de brave type ».
L’homme pour sa part se plaignait beaucoup de « l’attitude injuste d’Hollywood à son égard ».
Acteur ambitieux, il était pour tout le monde « monsieur Hayward » qui s’occupe des gosses pendant que sa femme tourne.

Dans les milieux bien infomés on commence à savoir ce mariage pour le moins turbulent.
Quant on voit avec quelle énergie féroce Susan peut réagir au quart de tour à l’écran, certains ne sont pas loin de plaindre le courageux époux de vivre auprès d’une telle fournaise.
Jusqu’à ce que Susan, dans le coma soit emmenée d’urgence à l’hôpital et sauvée in extrémis après une tentative de suicide aux barbituriques en Avril 1953 alors qu’elle se trouvait à Rome.
Revenue d’entre les morts, la « tempête rousse » ne fera aucun commentaire, ne donnera aucune justification à son geste mais la vérité finira par éclater au grand jour.
Susan Hayward est une femme battue régulièrement. Eméché, Jess Barker aime rentrer au domicile conjugal la battre comme plâtre, déchiquetter ses vêtements et la jeter nue dehors pour qu’elle y passe la nuit. Regulièrement, tout son vestiaire se retrouve dans la piscine.
Le scandale sera colossal lorsque Susan Hayward avouera la vérité publiquement. La vérité sur un enfer qui aura duré dix ans.

Le couple divorce en 1954 après une longue et pénible bataille juridique. Epuisée, à bout de forces, Susan Hayward fera une autre tentative de suicide et sera cette fois encore sauvée d’extrême justesse.
Commentaire du mari : « Ces barbituriques, c’est un tic chez elle, elle aime se suicider comme d’autres aiment fumer une cigarette ou prendre un verre » Et pour Jess Barker, la carrière Hollywoodienne s’arrêtera là.
Malgré la catastrophe privée, la carrière de Susan Hayward dans les années 50 est une des plus éblouissantes carrières qui se puisse rêver.
Régulièrement nommée aux Oscar, elle est la première actrice à avoir cet honneur cinq fois.
Le festival de Cannes lui-même, pourtant peu friand de gloires Hollywoodiennes la couronne meilleure actrice du festival 1955 pour sa saisissante interprétation de Lillian Roth dans « I’ll cry Tomorrow ». De grands rôles dans de grands films avec de grands partenaires, tel est le destin cinématographique de Susan Hayward.

Même si de temps en temps, un petit scandale éclate, histoire de dépoussiérer une réputation qui s’embourgeoise du côté de Beverly Hills. Tel l’épisode de sa liaison avec l’acteur de westerns Don Barry.
Susan se trouva nez à nez avec la blonde starlette Jill Jarmyn dans la chambre de l’acteur dont elles partageaient toutes deux les « hommages » comme on disait alors. Jill fut mise KO par Susan à coup de brosse à cheveux et porta plainte. Susan déclara : « Je ne sais pas qui a flanqué le premier direct mais une chose est sûre, je l’ai battue à plate couture, je suis rousse, je suis irlandaise et j’ai le tempérament assorti ! »
Bien que son divorce perturbe le tournage du « Rendez-vous de Hong-Kong » avec Clark Gable, Susan n’osant pas quitter la Californie durant la procédure, il n’existe pas d’anecdotes mettant en scène une Susan Hayward futile ou capricieuse sur un tournage. Ses films sortent à une allure régulière, certains moins bons que d’autres comme « White Witch Doctor » mais le succès est au rendez-vous.
L’actrice et la femme sont pareillement respectées.

En 1957, Susan Hayward convole à nouveau avec Eaton Chalkley, homme d’affaires Géorgien et cette fois le mariage est heureux. Le couple s’installe en Géorgie, état bien ignoré des stars d’alors pour y couler des jours paisibles.
Susan peut enfin vivre heureuse et profiter pleinement de ses acquis.
« Enfin j’ai une vraie raison de vivre, on me fait toujours des offres de films mais je ne tourne plus que par vice, alors mon époux m’octroie quelques semaines de congés pour que je permette à cette Susan Hayward de vivre encore un peu, mais ici je suis madame Chalkley. L’autre jour, la télévision passait un de mes vieux films et le présentateur à dit : « Je me demande si notre madame Chalkley est devant son poste ! » J’en ai pleuré de joie »
Hélas, l’année précédente, Susan Hayward a tourné en Utah un film avec John Wayne et Agnès Moorhead : « Le Conquérant ». Le film sera considéré comme un des pires films tournés dans les années 50 mais il entrera dans la postérité pour d’autres lugubres raisons.
Le film se tourne sur les lieux mêmes où se sont effectués de récents essais d’armes nucléaires et l’équipe de tournage reste sur place de nombreuses semaines. Tout le monde est parfaitement au courant de la situation et Wayne s’amuse même avec un compteur Geiger entre les prises.

Quelques années plus tard, une série de cancers se déclare à Hollywood et certains font un lugubre rapprochement. Nombreux sont ceux parmi les victimes qui étaient sur le plateau des « Conquérants ». Pedro Armendariz, Dick Powell et Agnès Moorhead seront fauchés, sur une équipe de 220 personnes, 91 contracteront un cancer.
Susan Hayward n’y échappera pas.
Les années 60 commencent merveilleusement pour Susan mais elles se termineront différemment.
Elle les a commencées avec un remake de « Back Street » avec le beau John Gavin.
Mais si tout le monde s’accorde à la trouver excellente, la presse souligne le côté démodé du film et surtout l’âge de Susan nettement trop âgée pour le personnage. Même si, comme disent ces messieurs : « Ca passe ».
Susan Hayward se le tient pour dit.
Elle s’éloigne quelque peu des écrans même si elle reste très active. Elle se dirige avec sagesse vers des rôles de composition plus adaptés à la femme mûrie qu’elle devient.

En 1966 son mari Eaton Chalkley décède, emporté par une hépatite et Susan quitte la Géorgie pour la Floride.
Incapable de continuer à vivre seule dans la maison où elle fut tellement heureuse avec son mari durant les neuf années que dura leur mariage.
On la retrouvera en 1967 en Helen Lawson, la vipère vieillissante aux cheveux rouges dans « Valley of the Dolls », un rôle que Susan Hayward accepte pour dépanner la production.
Judy Garland a commencé le film et l’a abandoné après un seul jour de tournage.
Susan s’y montre acariâtre et vieillissante, tout l’opposé de sa véritable nature mais pour la veuve de Géorgie les temps ont changé et les belles années sont maintenant passées.
Il y a quelques années à peine, Hollywood misait encore sur de grands et beaux mélos pour remplir les cinémas et leurs tiroirs caisses. Mais aujourd’hui, le sexe, la violence et la drogue remplacent les faux-cils et les claquettes.
L’univers de « Valley of the Dolls » est bien loin de ce que Susan Hayward a pu connaître et la réalité dépasse la fiction lorsque sa co-vedette du film, Sharon Tate, se fait sauvagement assassiner par la « tribu Manson ».

Même si elles n’ont pas de scènes ensemble dans le film, Susan est terriblement choquée par cette boucherie et se demande si sa place est encore bien dans ce monde en proie à d’effrayants boulversements.
La réponse viendra d’elle-même.
Susan Hayward elle aussi est « contaminée » par la malédiction du « Conquérant ».
Elle a le cancer, une tumeur au cerveau particulièrement mal placée et inopérable.
Lorsqu’elle apprit la nouvelle, Susan Hayward s’effondra et tenta une nouvelle fois d’abréger ses souffrances. Mais la vie n’en avait pas fini avec elle.
Elle choisit alors de se battre de toutes ses forces et survécut bien plus longtemps que ce qu’il lui était permi d’espérer.
On la revit aux Oscar en 1975, fabuleusement belle, altière, souriante, personne ne pouvait croire cette femme merveilleuse au seuil de la mort et sous l’emprise de la Dopamine à haute dose. Les journeaux firent leurs choux gras de la maladie vaincue.
Pourtant, sortant de scène après avoir remis son Oscar de la meilleure actrice à Ellen Burstyn, Susan déclara calmement : « Voilà, c’est la dernière fois que j’ai fait ça ».

Susan décède le 14 Mars de la même année.
L’actrice souhaita être incinérée afin de ne pas emporter dans la mort ce corps qui l’avait tant faite souffrir.
Elle rejoignit ensuite Eaton Blackley dans le petit cimetière géorgien où ils reposent maintenant pour l’éternité côte à côte.
En 1984, l’université de l’Utah rendit un rapport sur la « malédiction du Conquérant ».
Sur un groupe de 220 personnes, les pires prévisions étaient que 30 au maximum développent un cancer, le chiffre multiplié par trois tend à prouver le bien fondé de la rumeur.
Il fut en tout cas estimé que les présomptons étaient suffisamment pertinantes pour permettre aux familles des victimes de déposer plainte et faire valoir leurs droits.
Celine Colassin

QUE VOIR ?
1938 : Girls on Probation : Une chose sans intérêt avec Ronald Reagan.
1939 : Beau Geste : Inutile de voir ce film pour Susan Hayward encore un peu nigaude sur les bords mais on peut y admier Gary Cooper tout à loisir.
1941 : La Famille Stoddard : Susan croise Ingrid Bergman, elles se retrouveront bien des années plus tard toutes les deux le même soir, celui de la cérémonie des Oscars 1975, toutes deux souriantes et belles, toute deux mortellement atteintes par le cancer.
1942 : les Naufrageurs des Mers du Sud : C’est plein de bruit et de vent, Paulette Goddard se déchaîne et Susan fait sa coquette avec un châle andalou.
1942 : La Fille de la Forêt : On prend les mêmes et on recommence, revoici Susan et Paulette
1943 : Ma femme est une Sorcière : Susan est la rivale riche et pimbêche de la sorcière Véronika Lake dans le chef d’œuvre de René Clair qui donnera bien plus tard naissance à une autre sorcière, télévisée celle-là.
1943 : Star Spangled Rhythm : La Paramount fait son effort de guerre et réunit toutes ses stars en un seul film.
1943 : Jack London : C’est Michael O ’Shea qui incarne l’aventurier Jack London.
1943 : Young and Willing : Un premier rôle pour Susan face à un débutant qui fera son chemin, monsieur William Holden.
1944 : Alerte aux Marines : Journaliste, Susan Hayward débarque en pleine guerre du Pacifique au milieu d’une île où John Wayne construit des ponts.
1944 : La Belle et la Brute : La belle c’est Susan, plus peste que jamais, la brute William Bendix
1944 : And Now, Tomorrow: Loretta Young est sourdingue mais son fiancé ne veut pas la quitter bien qu’il soit tombé amoureux de sa future belle-sœur, Susan qui entend parfaitement
1944 : Le Passage du Canyon : Western sans envergure ni originalité, mené par Dana Andrews.
1946 : Deadline at Dawn : Film noir assez classique.
1947 : Smash-Up : Susan picole sec à l’écran et cela lui vaut la première de ses cinq nominations aux Oscar.
1947 : Ils ne Voudront pas me Croire: Susan joue sa vamp de film noir face à Robert Young.
1947 : Moments Perdus : Susan face à Robert Cummings.
1948 : The Saxon Charm
1948 : Le Sang de la Terre : Susan en belle sudiste très en beauté dirigée par Georges Marshall.
1949 : Tulsa : Un très gros succès populaire pour Susan et Robert Preston.
1949 : My Foolish Heart : Le plus pur mélo qu’il soit possible de voir ! Susan amoureuse d’un militaire se donne à lui, il meurt, elle est enceinte, épouse le petit ami de sa meilleure copine qui n’est pas fâchée mais Susan devient acariâtre et méchante avec la pôvre petite fille née de son premier amour, ensuite, saoule, elle fout le feu à la baraque et se retrouve défigurée après avoir sauve la petite des flammes…la copine en profite quand même pour récupérer son mec (non mais des fois !)
1949 : La Maison des Etrangers : Susan face à Edward G. Robinson
1950 : Rawhide : On peut se réjouir de voir enfin Susan face à Tyrone Power d’autant qu’ils sont dirigés par Hathaway.
1950 : Vendeur pour Dames :Georges Sanders et Dan Dailey.
1951 : David et Bethsabée : Susan est Bethsabée, Gregory Peck se colle les sandalettes du roi David, ce qui ne suffit pas pour rendre un film intéressant.
1952 : les Neiges du Kilimanjaro : Tyrone Power qui n’a pas ses lunettes épouse Susan Hayward pour sa folle ressemblance avec Ava Gardner.
1952: With a Song in my Heart : Susan interprète le rôle de Jane Froman, star de la chanson qui rescapée d’un crash aérien faillit bien se faire amputer d’une jambe avant d’épouser son sauveur.
1953 : la Sorcière Blanche : Ça partait d’un bon sentiment, mais hélas, Susan s’est fait une mise en plis de bobonne pour soigner les figurants allergiques aux palmiers en plastique.
1953 : The President’s Lady : Voici Susan affolée par le musculeux et un peu lambinant Charlton Heston.
1953 : The Lusty Men : Epaules en arrière, mains aux hanches, bien plantée sur ses deux pieds et secouant sa flamboyante chevelure, Susan est prête à tirer son épingle de ce jeu d’hommes dont Robert Mitchum et Robert Kennedy
1954 : Demitrius le Gladiateur : Victor Mature reprend du service après Samson et affronte Susan après Hedy Lamarr, c’est sans comparaison.
1954 : Le Jardin du Diable : 1954 est une bonne année pour Susan ! Voilà un bon western bien ficelé.
1955 : Tant Que Soufflera la Tempête : Sorte de western de pionniers mais en Afrique du Sud, Il faut voir Susan vendre ses crinolines de satin vert aux indigènes descendus des baobabs pour profiter de l’aubaine.
1955 : Le Rendez-Vous de Hong-Kong : Film d’une lenteur qui aide encore au désintérêt.
1955 : I’ll Cry Tomorrow :Lillian Roth avait eu le courage de décrire sa déchéance d’alcoolique et sa rédemption grâce aux AA, Susan lui prête vie et est tout simplement saisissante et sans aucune compassion envers elle-même. Jo van Fleet incarne la mère de Lillian Roth et est peut-être encore plus phénoménale que Susan, c’est dire ! L’académie des Oscar, misogyne à mourir couronna…les costumes. Susan, cette fois était sûre d’avoir toutes ses chances, le soir de la cérémonie, lorsqu’Anna Magnani fut couronnée, ses nerfs s’ébranlèrent et elle fondit en larmes devant toute l’assistance.
1956 : Le Conquérant : Avec la véracité avérée de la contamination nucléaire, c’est plutôt pénible de voir ces gens donner leur vie pour ce film nul à mourir.
1957 : Affaire Ultra Secrète : Susan en journaliste intrépide traîne Kirk Douglas dans la boue
1958 : je Veux Vivre : J’ai tant vu ce film que je peux le jouer d’A à Z en faisant tous les rôles. L’interprétation de Susan reste tout aussi impressionante 50 ans plus tard. A noter quelques répliques dues à Barbara Grahame elle-même et réutilisées avec bonheur dans le film.
Lors de l’incarcération, la « matone » : « Qui dois-je appeler en cas de problème ? »
Barbara : « Marlon Brando ! »
1958: Caravane vers le Désert : Un western sans surprise où Susan compare les charmes de Jeff Chandler à ceux de Jacques Bergerac.
1959 : La Ferme des Hommes Brûlés : Veuve avec un enfant, Susan a besoin d’un mâle vigoureux pour l’aider aux travaux de la ferme, vient à passer le très tentant Stephen Boyd !
1961 : Back Street : Si on aime le beau et bon mélo Hollywoodien, il ne faut pas bouder son plaisir, Outre Susan, John Gavin, objet de toutes les convoitises, retrouve Vera Miles, sa partenaire de « Psychose ».
1961: The Marriage Go Round : Rien de bien palpitant, l’adaptation d’une récente pièce à succès qui peut faire penser à « Sept ans de réflexion »
1961: Le Troisième Homme était une Femme : Susan face à Dean Martin.
1962 : Choc en Retour : C’est passionnant mais assez nébuleux et pour le moins tordu.
1963 : Les Heures Brèves : Remake d’un triomphe de Bette Davis (Dark Victory), le film a de désagréables accents prémonitoires, Susan y est atteinte d’une tumeur au cerveau.
1964 : Rivalités : Quel autre titre pouvait-on donner à un film où s’affrontent Susan Hayward et Bette Davis ?
1967 : Guêpier pour Trois Abeilles : Ce film de Mankiewitz est bizarrement sous-estimé
1967: La Vallée des Poupées : Ce film n’en finit pas de séduire de nouveaux publics et reste un des derniers symboles du cinéma de ces années-là. Certaines images m’ont toujours semblé « Almodovardiennes » (L’entraînement de Neelie, les lustres, les statues kitsch autour de la piscine, les bonnets de Barbara Parkins, les clips « coiffure », la scène de la perruque dans les toilettes et le décor stabile de Broadway pendant la chanson de Susan.)
1972 : La Poursuite Sauvage : Susan face à William Holden dans un western crépusculaire.
LES FILMS QUE VOUS NE VERREZ PAS
(Avec Susan Hayward)
Autant en Emporte le Vent
Cléopâtre : Qui se souvient aujourd’hui que le projet pharaonique qui allait ruiner la Century Fox avait été décidé en 1958 pour relancer a carrière de Susan ?
Anna Lucastra : Susan avait déjà été évincée du casting « Scarlett O’hara » par Paulette Goddard (elle-même évincée par Vivien), elle est à nouveau écartée de ce projet au profit de Paulette.


